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- Jean-Christophe Bardout (2008). Berkeley Et Les Métaphysiques de Son Temps. Journal of the History of Philosophy 46 (1).: La contribution de Berkeley à l'histoire de la métaphysique n'a que rarement été étudiée par ses commentateurs français ou anglo-saxons. La présente étude se propose de revenir sur la définition berkeleyenne de la métaphysique, sur la place qu'elle occupe dans l'économie de sa pensée, et tente ainsi d'éclairer la contribution de Berkeley à l'histoire de la notion de métaphysique à l'époque moderne. Nous montrons que la critique berkeleyenne de la métaphysique n'empêche pas Berkeley de maintenir sa pertinence théorique, si l'on rapporte sa conception de la métaphysique à la transformation qui affecte celle-ci après Descartes, et qui en fait la science des principes de la connaissance humaine. Cette étude entend donc réévaluer la place de la métaphysique dans l'oeuvre de Berkeley, et, simultanément, de mesurer l'apport de Berkeley à l'histoire de la métaphysique.
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La philosophie de la nature appartient-elle au passé ? Ou représente-t-elle aujourd'hui une exigence scientifique et métaphysique ? Si l'on fait le pari du réalisme, si l'on pense que l'esprit humain est capable de démêler, entre ses constructions, celles qui représentent fidèlement les processus naturels de celles qui ne sont que cohérentes logiquement, alors il faut tenter d'esquisser, à la lumière des sciences, une vision rationnelle du monde. Telle est du moins la tâche que se propose la philosophie de la nature. Les contributions ici réunies ont pour but d'éclairer l'histoire de ce problème, de suggérer en quoi consiste l'exploration des possibles naturels, et d'indiquer comment la cosmologie nous aide à penser notre appartenance à l'univers.
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La connaissance métaphysique est accessible et nous possédons un tel type de connaissance. Il faut pratiquer la métaphysique de manière directe, sans passer par des considérations de philosophie du langage ou de l'esprit. Les deux principales critiques de la métaphysique sont : le naturalisme évolutionniste et le kantisme. Le naturalisme est incohérent car il nie la possibilité défaire des hypothèses métaphysiques et pourtant il repose sur de telles hypothèses. Kant également ne va pas au bout de son projet, car on ne peut éviter la question du contenu des pensées, une fois qu'on a réduit la métaphysique à une théorie de la connaissance. L'examen des arguments de Barcan-Kripke confirme la possibilité d'une argumentation métaphysique et l'impossibilité d'y échapper. Metaphysical knowledge is accessible and indeed, we have such a knowledge. Metaphysics shoud be done directly, without starting with considerations of philosophy of language or philosophy of mind. The two main critiques of metaphysics are evolutionary naturalism and Kantianism. Naturalism is inconsistent because it denies any possibility to make metaphysical hypotheses, but it hinges upon such hypotheses. Kant is also inconsistent because one cannot avoid the question of the content of thoughts once metaphysics has been reduced to epistemology. A scrutiny of the arguments by Barcan and Kripke confirms the possibility of a purely metaphysical argumentation and the impossibility to do without it.
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En tant que modèle cosmologique, les structures mises en place par le platonisme s’apparentent formellement à celles de la cosmologie biblique. C’est laraison pour laquelle le christianisme n’a pas hésité à y trouver un moyen propice pour exprimer son propre mystère. Malgré ces similitudes extérieures, un planplus rapproché permet de constater que les deux ensembles appréhendent l’existence de manière dissemblable. Sur la toile de fond de la création biblique, les mystères connexes de l’Incarnation et de l’Ascension, tels qu’ils sont compris par l’intelligence dogmatique chrétienne, s’écartent radicalement de l’approche métaphysique qui avait présidé à l’élaboration du système de Platon – et ce en dépit des tentations à teinte «platonicienne» qui se font jour dans le christianisme avec l’émergence des doctrines ascétiques. Sans aborder les complexités de cette dernière problématique, cet article entend revisiter, comme en négatif, la valeur positive du corps dans le christianisme.
Après avoir constaté la montée de l'intérêt pour la mémoire collective au cours des vingt dernières années environ, Ã article aborde l'histoire longue de celle-ci dans ses rapports avec l'histoire. Il commence par dégager les traits spécifiques de la mémoire et, en particulier, de la mémoire collective à l'époque de la transmission orale et il poursuit en montrant les effets sur la mémoire de l'invention de l'écriture. En fait partie l'apparition de l'histoire qui restera toutefois pendant des siècles dans la dépendance de la mémoire. Sont évoquées ensuite les incidences tant sur la mémoire collective que sur l'histoire de l'humanisme, de la Réforme, de l'imprimerie et de la constitution des États modernes, pour montrer comment tout cela aboutit à une émancipation de l'histoire par rapport à la mémoire, c'est-à-dire à l'invention de la connaissance médiate du passé à partir du xv e siècle. L'enrichissement de l'éventail des techniques qui mettent en oeuvre la connaissance médiate et l'élargissement de leurs champs d'application — chronologique, spatial, thématique... — conduisent, entre le xvi e siècle et aujourd'hui, à une refondation cognitive de l'histoire. Elle change de statut épistémologique et d'insertion institutionnelle, tout en s'éloignant de la mémoire, voire en s'opposant à cette dernière. Au xx e siècle, le retournement des rapports entre l'histoire et la mémoire fera de celle-ci l'objet de celle-là, sous l'influence notamment d'une nouvelle révolution des médias comparable à ce qu'a été dans son temps celle qu'a provoqué l'imprimerie. After having noted the rise in interest in collective memory over the course of the past twenty years, more or less, this article examines the longterm history of collective memory in its relation to history. The article begins by identifying the specific characteristics of memory and, in particular, of collective memory in the period of oral transmission and then illustrates the effects on memory of the invention of writing. The appearance of history constitutes an effect of this invention. But history nevertheless remained dependent upon memory for centuries. Analysis is subsequently devoted to the implications both for collective memory and for history, of humanism, of the Reformation, of printing, and of the formation of modern States in order to show how these developments lead to an emancipation of history in relation to memory; or, in other words, to the invention of a mediate knowledge of the past beginning in the 15th century. The growth in the range of techniques capable of applying this mediate knowledge and the enlargement of their fields of application — chronological, spatial, thematic...— lead, from the 16th century to the present, to a new cognitive foundation for history. History changes its epistemological status and its institutional setting, while separating itself from, or even voicing its opposition to memory. In the 20th century, the reversal of the relation of history to memory
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Ordinairement les manuels de biologie débutent par une exposition des caractéristiques qui distinguent la nature organique de la nature anorganique. En définissant et en limitant aussi exactement que possible son sujet, la biologie, le biologue ne fait pas autre chose que le mathématicien. La présente étude nous montre les obstacles presque insurmontables auxquels se heurtent le biologue et le mathématicien. A les bien considérer, les anciennes distinctions entre l'organisme d'une part et la matière non-organisée ou un système statique matériel, comme la machine, d'autre part, se basant sur la nutrition, la respiration, les échanges vitaux et le mouvement ne tiennent plus debout. L'auteur allègue les expériences récentes de W. M. Stanley (Rockefeller Institute à Princeton) d'où il appert qu'il peut y avoir aussi génération dans les substances qui se secrètent sous la forme de cristaux (cristaux vivants), et s'en rapporte aux fameuses expériences de Driesch sur la régénération. Il y rattache les conceptions de Jordan (Utrecht) -- rapports entre les enchaînements des causes "d'après leur caractère amboceptor"; "le dessein des causes". Les vitalistes portent surtout leur attention sur "la totalité", les mécanistes sur "les parties". Le naturaliste qui se propose uniquement la recherche des causes physico-chimiques des phénomènes physico-chimiques serait parfaitement en droit de se contenter d'une conception mécaniste de la nature. Mais cette conception mécaniste ne suffirait pas à celui qui, comme l'auteur, aspire à comprendre l'organisme dans son ensemble.
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L'analyse comparative du Traité des principes de la connaissance humaine (1710) et des Trois dialogues entre Hylas et Philonous (1713), qui se présentent comme les deux phases successives de la première mise enforme doctrinale de immatérialisme, permet de formuler l'hypothèse suivante : le dialogisme que ne cesse de susciter le Traité semble spontanément conduire aux Dialogues, comme si Berkeley adoptait enfin la rhétorique adéquate à son projet philosophique. Or l'étude quantitative de la distribution de la parole dans les Dialogues montre au contraire qu'ils n'assument le dialogisme latent qui transparaissait dans le Traité que pour l'annuler : en réalité, le personnage de Philonous détient une écrasante maîtrise de la parole, qui lui permet de disposer de véritables pièces doctrinales, tandis qu'Hylas s'épuise en de multiples objections contradictoires. Le dialogisme n'est donc qu'un outil ponctuel de la réforme rhétorique du propos de Berkeley, destiné à susciter l'interlocuteur pour mieux le dissoudre. The comparative analysis of Berkeley's Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge (1710) and Three Dialogues Between Hylas and Philonous (1713), as they show the two successive stages of immaterialism first doctrinal drawing, allows us to build the following hypothesis : the dialogism that the Treatise ceaselessly calls for seems to lead to the Dialogues, as if Berkeley could at last use a rhetoric adequate to his philosophical project. But, to the contrary, the quantitative study of the speech distribution in the Dialogues reveals that they take on the Treatise latent dialogism with the sole aim of nullifying it. In fact, Philonous' overwhelming speech mastery allows him to deliver real doctrinal accounts, whereas Hylas dissipates his efforts along contradictory objections. Dialogism, then, is but a limited tool for Berkeley's rhetorical reform, embodying an interlocutor to dissolve it easier.
Cette étude a pour objet d'examiner la place et le rôle de l'indifférence au sein de la conception cartésienne de la liberté humaine. Notre analyse est principalement gouvernée par la distinction, au sein des affirmations cartésiennes au sujet de la liberté humaine entre 1641 et 1645, de deux dimensions conceptuelles qui déploient respectivement, d'une part, les notions relatives au libre arbitre, d'autre part, celles qui ont trait au rapport de la volonté à l'entendement et qui concernent donc les différents degrés de la liberté. Cette distinction permet d'éclairer les rapports des termes « liberté » et « indifférence » au sein de la pensée de Descartes et de comparer sa position avec celles des courants théologiques majeurs de son époque. En outre, l'examen des diverses corrélations possibles entre les éléments de ces deux axes nous sert à analyser en quoi consistent les différents sens du « bien » que Descartes associe à la liberté, ainsi que les diverses formes du « bon usage » du libre arbitre.
Dans ses recherches empiriques, philosophiques et métaphysiques la conscience humaine ne sort pas de sa propre sphère. C'est toujours la conscience qui parle. Par sa connaissance l'homme ne peut dépasser la conscience directe. Par sa pensée il tend à dépasser médiatement la conscience. Cette constatation nous est dictée par le fait scientifiquement fondé que tant la conscience humaine que son contenu sont tirés, c.a.d. révélés, des profondeurs cachées où ils sont recélés. C'est ce qui rend évident que l'homme possède un merveilleux "sens sondeur", lui permettant de reconnaître les hauteurs et les profondeurs de notre conscience et aspirant à la transcendance. Le domaine de l'expérience se borne nécessairement aux phénomènes, et tandis que celui de la philosophie s'étend au fondement de ces phénomènes et à leurs rapports réciproques, la métaphysique, la science des principes, se propose de pénétrer l'origine et le sens profond de toute chose, du néant à l'ultime perfection. Après Kant qui a voulu en finir avec la métaphysique dogmatique unilatéralement déductive, la méthode inductive a pris définitivement le dessus. Cette méthode ne s'arroge pas le droit de juger d'une façon apodictique en ce qui touche aux problèmes de l'existence, qui ont donné naissance aux dispositions de la conscience humaine. Elle s'efforce, au contraire, de faire en cette matière une large part à l'inconnu en démontrant que les résultats sont heuristiques, hypothétiques et problématiques. Ainsi la théorie de la connaissance, la philosophie et la théologie s'accordent à dire que les données microcosmiques dans la sphère de la conscience humaine peuvent être les représentants des entités macrocosmiques. Si la conscience humaine poursuit ses recherches philosophiques et métaphysiques, c'est qu'elle doit sa genèse à une relation universelle dont elle est la représentation.
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Discussion of Jean-Christophe Bardout, Berkeley et Les métaphysiques de son temps
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