Le conflit social autour de la réforme du régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle a été marqué par son intensité et par sa durée. La thèse défendue ici est que la maîtrise du temps constitue l’un des enjeux majeurs de ce conflit. L'affrontement sur le terrain économique de la régulation de l'emploi et de l'industrie culturelle s'est doublé de l'affrontement sur le temps. La question du temps ne se limite pas à la régulation du temps de travail, elle concerne (...) la maîtrise du temps et les « formes de vie » auxquelles les individus aspirent. Les deux plans de l'emploi et du temps ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, ils coexistent, mais le conflit autour de la maîtrise du temps est relativement imperceptible. L'objectif de cet article est de lui donner de la visibilité et d'en questionner le sens. (shrink)
L'invention de nouvelles figures de l'art est un fait polémique. Absconses selon les schèmes de la définition de l'art suscitée par les précédentes, elles forcent l'esthéticien à forger de nouveaux concepts, plus idoines, à inventer un nouveau style, plus juste, à prendre de nouveaux masques, à muter dans un nouveau corps, plus sensible à ces nouveaux charmes. L'histoire de la création artistique est la raison de l'histoire de l'esthétique.C'est cette vie critique de l'esthétique, que cet article s'attache à mettre en (...) évidence en prenant l'exemple paradigmatique du pop art. (shrink)
L’idée selon laquelle le temps, son organisation, sa discipline est un facteur discriminant permettant de séparer nettement la période industrielle de celle qui la précède a longtemps prévalu chez les historiens. Cet article s’inscrit en faux contre cette thèse : les conflits autour du temps de travail doivent être inscrits dans la longue durée des rapports sociaux de production. Nous dressons ici une esquisse large des conflits où le temps est un élément de la mobilisation des travailleurs, du XIVe au (...) premier XIXe siècle. Alors qu’au Moyen-Âge, certains conflits portent clairement sur la remise en cause de la définition du temps de travail, à partir du XVIIe siècle, le thème semble s’estomper. Mais apparaissent alors des conflits qui portent sur le contenu du travail effectué dans un temps donné. La première industrialisation ne change pas véritablement la nature des revendications. Elles proviennent encore majoritairement d’ouvriers engagés dans des activités traditionnelles. Les ouvriers d’usine, quant à eux, ne sortent globalement pas de leur mutisme avant les décennies 1860/1870. (shrink)
This book offers an interpretation of the rise of secular historical thought in nineteenth-century Europe. Instead of characterizing 'historicism' and 'secularization' as fundamental breaks with Europe's religious heritage, they are presented as complex cultural permutations with much continuity; for inherited theological patterns of interpreting experience determined to a large degree the conditions, possibilities, and limitations of the forms of historical imagination realizable by nineteenth-century secular intellectuals. This point is made by examining the thought of the German theologian W. M. L. (...) de Wette and that of the Swiss-German historian Jacob Burckhardt. Burckhardt's meeting with de Wette and his subsequent decision to study history over theology are interpreted as revealing moments in nineteenth-century intellectual history. By examining their encounter, its larger historical context, and the thought of both men, the book demonstrates the centrality of theological concerns and forms of knowledge in the emergence of modern, secular historical consciousness. (shrink)
Ce texte propose une analyse des mécanismes argumentatifs mis en œuvre dans les lettres que Hernán Cortés, conquistador du Mexique, a adressées à Charles V (Cartas de Relación) pour légitimer sa conquête du territoire qui deviendra la Nouvelle Espagne et, par ce biais, le Nouveau Monde. Il s’agit en particulier de montrer l’emploi du concept rhétorique d’inventio dans le passage d’une appropriation conceptuelle du « Nouveau Monde » (par l’élaboration de ce concept) à sa domination territoriale (la fondation de Veracruz (...) et la création de la Nouvelle Espagne). (shrink)
Au cours des années 1970 (qui furent, dans plusieurs pays, celles de la libéralisation de Vavortement), la question du statut de Vembryon humain fut surtout débattue en termes de libertés individuelles : droit des femmes à disposer d'elles-mêmes, vs. ‘droit à la vie' du fœtus caché dans le corps de sa mère. Dans les années 1980, avec l'application des techniques de procréation ‘artificielle' au traitement de la stérilité humaine, l'accent est mis sur une responsabilité collective à l'égard de l'embryon séparé, (...) conçu en éprouvette, mis au congélateur, convoité par la recherche lorsqu'il n'est pas rendu à un utérus maternel. « Il est urgent de déterminer le degré de sa protection juridique », dit l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (Recommandation 1046, 1986). Mais il n'existe pas de consensus sur les fondements philosophiques d'une telle protection. Le but du présent article n'est pas d'ajouter une thèse de plus à une littérature internationale déjà considérable, mais de situer les positions et arguments en présence, pour éclairer un débat qui touche, entre autres, aux sources du respect dû à la personne humaine. The European Parliament has recently expressed the view that human embryos and fetuses are endowed with human dignity, and that a definition of the degree to which they should be protected by law is urgently needed (Recommendation 1046, 1986). There is however no consensus on the philosophical grounds for such a protection, or on the degree to which embryos and fetuses should be treated as persons. This paper contrasts the biological (natural) and ethical (cultural) criteria of person hood and their underlying ontologies, examines the arguments in favor of taking a pragmatic line rather trying to decide when human beings become persons, and suggests that the pragmatic attitude in fact implies a developmental ontology. (shrink)
Cet ouvrage collectif est le fruit d'un colloque sur les philosophies du plaisir qui a réuni philologues et philosophes, spécialistes de l'Antiquité et de la Renaissance, en juin 2004, à l'Université de Lille 3.
Quand Colbert fonda l’Académie des sciences dans le but de dynamiser l’industrie, aucun chimiste de l’Académie n’était encore susceptible de rationaliser l’art très empirique de la teinture. Au XVIIe siècle, la teinture n’était pas un sujet traité lors des séances de l’Académie, en revanche l’intérêt des académiciens pour cet art chimique a pris de l’ampleur dans les années 1750 sous l’impulsion de Pierre-Joseph Macquer et du Bureau du Commerce. Dans cet article, la présentation de l’art de la teinture à l’Académie (...) des sciences au XVIIIe siècle est centrée principalement sur les premiers travaux académiques sur la teinture, sur les mémoires de Macquer, ainsi que sur les prix et les publications sur la teinture proposés par l’Académie.Au cours du XVIIIe siècle, la teinture abandonnera le monde des artisans teinturiers pour intéresser le monde savant et les académiciens. La teinture acquerra ses lettres de noblesse, sortant des ateliers pour entrer à l’Académie avant de s’enseigner comme la chimie. (shrink)
Les philosophes du siècle des Lumières ont conçu le Progrès comme manifestation de la perfectibilité naturelle de l'humanité. Le XIXe siècle a vu se ternir cette image d'avenir sous l'effet de ruptures épistémologiques et de surprises techniques. Conséquences imprévisibles de l'invention et de l'emploi de la machine à vapeur, les principes de dégradation énergétique en physique, les analyses révolutionnaires des rapports d'inégalité socioéconomique dans les sociétés industrielles ont entraîné la dislocation d'une idée qui avait joué le rôle d'un principe de (...) conservation des valeurs. Chez Freud et chez Lévi-Strauss le principe de Carnot est devenu principe de jugement de l'histoire. The philosophers of Enlightenment conceived Progress as evidence of mankind's natural perfectibility. In the 19 th C. this image of the future was tarnished by abrupt epistemological changes and technical surprises. An unforeseen consequence of the invention and use of the steam engine was the breaking up of an idea that had acted as a principle for preserving values, caused by the principles of the dissipation of energy in physics and the revolutionary analyses of the relations of socioeconomic inequality in industrial societies. With Freud and Lévi-Strauss, Carnot's principle became the principle for judging history. (shrink)
On assiste à un « surplace » de la recherche philosophique en Occident. L'importance de l'histoire, le caractère décisif de la culture, la dimension sociale de l'esprit, ne suscitent plus qu'un intérêt épisodique. On a oublié les apories de Kuhn. Américains et Occidentaux sont des solipsiste s qui font mine d'ignorer la formation historique de l'esprit, renouvelant l'oubli de Kant et Husserl qui n'avaient pas su prendre en compte le caractère contingent, changeant, collectif, fortement historicisé des compétences intellectuelles et cognitives. (...) Séparée des pratiques consensuelles, la science perd son sens. Il faut revenir au problème de l'individuation et reposer la question de l'acquisition de qualités uniques et pourtant générales qui font l'individualité. There is a general stagnation in western philosophical research. The importance of History, of Culture, the social nature of the Spirit, is of secondary interest, nowadays the meanest interest. What about the hard and sharp questions raised by Kuhn ? Americans or western nations are but solipsits, who get rid of the historical making of the spirit. To a certain extent, they keep on with Kant's or Husserl's tradition. None of them was in fact able to take care of historicism in the contingent and moving constitution of our intellectual capacities. In these conditions, no sense at all can be found in science. So, we must come back to the question of individuation and to these unique qualities of individuality, that is, at the same time, singularity and universality. (shrink)
Dans les Recherches Logiques, Husserl a recours à un concept d'analyticité qui s'écarte des définitions kantiennes. En fait, pour le comprendre, il faut se plonger dans la tradition d'analyse logique autrichienne qui remonte à Bolzano. L'analyticité est ici une propriété formelle, qui s'illustre par la possibilité de la mise en variables de propositions, leur vérité étant maintenue. Husserl ne laisse toutefois pas la question dans l'état dans lequel Bolzano l'avait laissée : surgit la question propre aux Recherches Logiques, qui est (...) celle du sens et du statut du logique comme tel. In his Logical Investigations, Husserl uses a concept of « analyticity » that seems quite different from the Kantian one. Analyticity is defined as formal and by the possibility of regular variations, so as in mathematical equations which determine relations between variables. In that matter, Husserl is influenced by Bolzano and is much deeply connected with the Austrian tradition of logical studies than with the transcendental tradition of the German Idealism. But he deals also with the problem that Bolzano left unsolved : if analyticity in the « strict » sense means the logical rule, what does « logical » mean? (shrink)
Le rapport entre « conscience » et « identité » forme l'un des deux versants de la conception lockienne du sujet (l'autre étant constitué par la « propriété de soi-même »). La théorie lockienne repose sur la distinction du « mental » et du « verbal », et l'isolement du premier comme élément de la vérité. Elle suppose une reformulation du principe d'identité sous la forme d'une double négation inhérente à l'esprit (Mind) : il est impossible que l'homme ne sache (...) pas qu'il pense, ou pense sans penser. Enfin elle caractérise comme « intériorité » la différentielle de perception et de réflexion qui opère tout au long de l'expérience. Dès lors le temps intérieur peut être intellectuellement et moralement ressaisi dans l'unité de la « conscience de soi ». Consciousness and Personal Identity form together one half of Locke's theory of the Subject (the other half being « self-ownership »). First of all, « mental » and « verbal » propositions (viz. truths) must be clearly distinguished. The principle of identity has to be reformulated in logico-psychological terms, as a double negation: it is impossible for the Mind to think, without knowing that it thinks. Finally the difference of perception and reflexion, which operates throughout « experience », is called an « internal sense » or interiority. As a consequence, Locke was able to call « self-consciousness » the typical unity of morality and understanding which forms the internal « duration » of the Mind. (shrink)
Cet article prend pour objet l'injonction à la commémoration collective dont les monuments dédiés aux soldats morts au combat portent témoignage. l'article retrace la manière dont cette injonction a pu revêtir une historicité caractéristique des Temps modernes. Ce travail vise à dégager l'arrière-plan duquel émerge la volonté de commémoration politique qu'affichent les monuments aux morts. Selon son argument principal, la fonctionnalisation politique et la démocratisation croissantes de la commémoration dont témoigne l'extension des monuments aux morts depuis la Révolution française n'ont (...) été rendues possibles que par un long processus de sécularisation. The theme of this article is the injunction to collective commemoration presented by monuments raised in honor soldiers killed in combat. This article examines the way in which this injunction displays an historical movement characteristic of Modern Times. It attempts to identity the historical basis from which emerged the will to political commemoration that the war monuments express. According to the argument adopted here, the growing political functionalization and democratization of commemoration, to which the great extension of war monuments since the French Revolution attests, become possible through a long process of secularization. (shrink)
Le projet d'E. Lévinas — manifester l'intelligibilité de la transcendance — le conduit à rencontrer, comme une figure exemplaire, l'expression cartésienne de l'extérionté, le thème de l'idée de l'infini. Jusqu'où va cette similitude ? Selon Lévinas, la responsabilité — pour autrui — inscrit déjà la transcendance, comme relation avec un au-delà, dans l'immanence à soi de la conscience, en tant que son en deçà, sa condition. « Par suite, l'idée de l'infini est le mode d'être, l'infinition même de l'infini ». (...) Ici apparaît la divergence : le substantialisme cartésien ne permet pas d'affirmer avec Lévinas que : « Il n'y a pas d'idée de Dieu ou Dieu est sa propre idée ». E. Lévinas' philosophical attempt to make clear the intelligibility of transcendence leads him to Descartes' version of the concept of metaphysical exteriority, i.e. to his theme of the idea of the infinite. How far does this resemblance reach ? According to Lévinas, the responsibility — for — others already places transcendence, as a relation with a beyond, within the immanence in oneself which characterizes consciousness, as its condition. Consequently, « the idea of infinite is the mode, of existence, the infinition itself of the infinite ». Here, the difference points out : cartesian substantialism does not allow to assert, as Lévinas does, that « either there is no idea of God, or God is the idea of himself ». (shrink)
Si la modernité consiste à trouver le nouveau radical, la fin de la postmodernité ç' est pas la sortie de l'art, dans la culture de masse, le kitsch ou le silence mais bien le moment où la modernité trouve ses marges, repère la lisière de ses différences. La tâche de la pensée ne consiste pas à désespérer de l'art ou de la nouveauté mais à identifier les lieux et les fins de la différence dans ce que l'on peut nommer une (...) « en-différence » (in-difference) qui n'a rien de négatif. Ce que montre une série d'exemples artistiques tirés de la production contemporaine, y compris télévisée. If modernity can be said to be an attempt at discovering a radical new thing in art, the end (the ends) of post-modernity is by no means to absorb art into mass culture, kitsch or silence, but the moment when modernity can lay out its margins, and identify its differences. Modernity is in the process of achieving its postmodern ends when it manages to overcome hopelessness and looks upon a non-negative in-difference. Some examples, particularly chosen in contemporary productions for the cinema or television, can make such a doctrine convincing. (shrink)
Cet article propose une nouvelle interprétation de la seconde partie du Parménide de Platon. L'opposition entre l'un et les plusieurs, qui constitue l'objet de l'exercice dialectique suggéré par Parménide, reproduit et illustre l'opposition ontologique entre les idées et les choses empiriques à laquelle était consacrée l'analyse de la première partie du dialogue. L'un (τò Є˵v) représente en effet chaque idée (et le monde des idées dans son ensemble), tandis que les plusieurs (xà πολλά) représentent l'infinie multiplicité des choses empiriques en (...) devenir qui participent des idées. This article advances a new interpretation of the second part of Plato's Parmenides. The opposition between the one and the many, which is the object of the dialectical exercise suggested by Parmenides, reproduces and develops the ontological opposition between the ideas and the empirical things to which the analysis carried out in the first part of the dialogue was dedicated. In fact, the one (xò εν) represents every idea (and the world of ideas in its totality), while the many (xà πολλά) represent the infinite multiplicity of the empirical things of the world of becoming which participate in ideas. (shrink)
Descartes ne joue pas, dans la pensée de Heidegger, un rôle limité à l'interprétation de l'histoire de la philosophie. Lorsque Sein und Zeit entreprend de déterminer le mode d'être propre et irréductible du Dasein, Heidegger doit entrer en confrontation avec certes Husserl, mais surtout, par-delà la « conscience » husserlienne, avec Descartes lui-même. Car l'ennemi mortel du Dasein, cest l'ego du cogito. Dans quelle mesure cette rivalité n'induit-elle pas aussi une similitude? Die Rolle, die Descartes in dem Denken von Heidegger (...) spielt, darf nicht in dem Feld seiner Deutung der Geschichte der Philosophie eng begrenztwerden. Denn, als Sein und Zeit eine Bestimmung der eigentümlicheigentlichen Seinsweise des Daseins hervorzubringen unternimmt, setzt die « Destruktion der Geschichte der Ontologie » eine Auseinanderstzung nicht nur mit Husserl, sondern auch, über Husserl hinaus, gerade mit Descartes vor. Der Todfeind des Daseins ist das ego, das aus dem cogito stammt. Inwiefern aber diese ständige Gegenüberstellung eine tiefe Nachahmung hinweise ? (shrink)
Longtemps méconnue, l'herméneutique universelle des Lumières connaît actuellement un regain considérable d'intérêt. Après une caractérisation générale du profil de cette herméneutique, l'étude se focalise sur le Précis d'herméneutique de G.F. Meier, en prenant pour guide la thèse que le principe d'équité herméneutique forme l'âme de toute herméneutique qui se veut philosophique. Même s'il paraît difficile de faire encore de ce principe la clé de voûte épistémologique de l'herméneutique, les thèses de Meier relatives à ce principe conservent toute leur actualité, notamment (...) dans les débats anglo-saxons récents relatifs au « principle of charity », de même qu'elles montrent la voie à une éthique de l'interprétation. The triumph of the romantic paradigm of hermeneutics as a general theory of understanding has partially hidden the former general hermeneutics of the Enligthment. In the current discussion about radical interpretation, we have good reasons to rediscover this older model. G.F. Meier's idea of a general hermeneutics including natural as well as artificial signs is under this respect of a special interest. The article focusses on Meier's statement that the principle of hermeneutic equity is the soul of a philosophical hermeneutics. Although it is impossible to maintain this principle as the epistemological foundation of hermeneutics, it shows the way toward an ethics of interpretation, which shades a new light on the debates regarding the so-called « principle of charity ». (shrink)
Leibniz a tenté de donner une formulation logique de l'ordre, en cherchant à spécifier de la manière la plus générale possible, le sens des termes « antérieur » , « postérieur » et « conjoint ». L'analyse de ces termes tient en trois points. 1) Deux êtres étant donnés, est antérieur par nature (natura prius) celui qui est plus simple, c'est-à-dire celui dont l'analyse requiert un plus petit nombre d'opérations de l'esprit. Par suite, les êtres qui sont conjoints (simul) doivent (...) nécessairement se caractériser par le même degré de composition. 2) Le degré de composition d'un être correspond à son degré de perfection. Si les êtres antérieurs sont plus simples, les êtres postérieurs sont donc plus parfaits. 3) Enfin, deux êtres étant donnés, tels que l'un est plus simple et l'autre plus parfait, on dira que ces êtres diffèrent par le temps si en outre ils se contredisent et, réciproquement, que deux êtres compossibles se contredisent si et seulement s'ils ne sont pas tempore simul, ou s'ils n'appartiennent pas au même « état de l'univers ». Une telle analyse a le mérite de donner un exemple précis et relativement développé de ce que peut être le traitement leibnizien d'une relation particulière. Cette relation reçoit dans la mathesis, quand il s'agit de caractériser l'ordre axiomatique des notions incomplètes, une interprétation satisfaisante, à laquelle Leibniz n'a, semble-t-il, jamais renoncé. Mais l'interprétation métaphysique des termes prius, posterius et simul, qu'on trouve esquissée dans certains fragments des années 1680, soulève des problèmes insurmontables. It is well known that Leibniz's logic is grounded in the inherence of the predicate in the subject and in the compossibility of notions. It naturally stresses, therefore, relations of equivalence, rather than of order. Nevertheless, Leibniz provided a logical analysis of order, i.e. an account of the meaning of "prior", "subsequent", "concomitant". His account comprises three points: 1) Given two beings, the one that is more simple (i.e. the one whose analysis requires less operations of the mind) is prior by nature (natura prius). Hence, concomitant (simul) being. 2) The degree of composition of being corresponds to its degree of perfection. Hence, prior beings being simpler, subsequent beings are more perfect. 3) Given two beings such that one is simpler and the other more perfect, they differ temporally if they also contradict each other; conversely, two compossible beings contradict each other if, and only if, they are not simultaneous (i.e. if they do not belong to the same "state of the universe"). It will be shown that this relation makes it possible to characterize the axiomatic order of incomplete notions (in the field of the mathesis universalis). But the attempt to explain the terms prius, posterius and simul in a metaphysical manner, i.e. by laying the stress on the order among substances, raises grave philosophical problems. (shrink)
Cette étude a pour objectif de présenter les articulations et les implications du modèle tout-partie dans l'ontologie lavellienne. Pour Lavelle, l'être ne doit pas être conçu comme une donnée, mais plutôt comme un tout dynamique qui confère à chaque partie une égale densité ontologique et à l'intérieur duquel s'articulent toutes les relations entre les parties. Ce modèle entraîne d'importantes conséquences : au plan logique, la notion d'être est universelle et univoque ; au plan ontologique, l'être n'est pas susceptible de degrés (...) et le néant ne peut être que relatif ; enfin, au plan épistémologique, la connaissance est homogène à l'être et la méthode analytique est la seule qui puisse rendre justice à la complétude de l'être-tout. This study aims at presenting the articulations and the implications of the whole-part model in the Lavellian ontology. According to Lavelle, the being should not be conceived as a datum, but rather as a dynamic whole which confers to each part the very same ontological density and within which all the relations between parts are articulated. This model entails important consequences : at the logical level, the notion of being is universal and univocal ; at the ontological level, being is not susceptible of degrees and nothingness can be only relative ; finally, at the epistemological level, knowledge is homogeneous with being and the analytical method alone can do justice to the completeness of the being-whole. (shrink)
L'auteur interprète ce que Cavell a écrit sur les conférences d'Austin sur les actes de langage, en attribuant à ces récents essais la même portée subversive radicale que celle que Cavell lui-même découvre dans Quand dire, c'est faire. Il montre ensuite comment la notion cavellienne d'énoncé passionnel clarifie son idée d'une « flexible inflexibilité » dans nos façons humaines de faire des choses avec des mots, et ainsi révèle un fil directeur dans son œuvre, dans des champs aussi divers que (...) le cinéma ou le perfectionnisme moral. (shrink)
L 'Elementarlehre de la Wissenschaftslehre de Bolzano peut être lue comme une sorte de réécriture de l'Elementarlehre de la Critique de la raison pure. Bien sûr, on pourrait avoir l'impression que toute Esthétique Transcendantale fait ici défaut.Des déterminations qui sont supposées intuitives chez Kant sont réinterprétées par Bolzano comme purement conceptuelles. Pourtant, en fait, développant sa propre Esthétique Transcendantale du point de vue d'une sémantique objective, Bolzano invente une nouvelle sorte d'à priori pour la sensibilité - précisément un a priori (...) purement conceptuel. The Elementarlehre of Bolzano's Wissenschaftslehre can be read as some kind of rewriting of the Elementarlehre from Kant's Critique of Pure Reason. Of course it could seem that any Transcendental Aesthetics is here missing. Determinations which are supposed to be intuitive in Kant's Critique are reinterpreted by Bolzano as mere conceptual ones. However, in fact, developing his own Transcendental Aesthetics from the point of view of an objective semantics, Bolzano invents some new kind of a priori for the sensibility - precisely a mere conceptual one. (shrink)
L’auteure présente ici un exemple des liens associant l’interprétation et la traduction, celui de la comédie ancienne d’Aristophane. Dans une première partie, elle expose les problèmes généraux de la traduction, quelques-unes de ses théories et certains des obstacles qu’elle rencontre de manière permanente, avant de se concentrer progressivement sur les problèmes théoriques et pratiques particuliers que l’on rencontre en traduisant une comédie grecque ancienne, et la difficulté à proposer une méthode permanente. Dans une seconde partie, l’auteure expose des cas concrets (...) de ces problèmes, en abordant la question de la traduction des noms propres « parlants » : elle présente plusieurs exemples de solutions proposées pour traduire ces noms, avec leurs intérêts et leurs limites dans chaque cas, et avec leurs présupposés théoriques. L’auteure conclut sur la nécessité de traduire ces noms de comédie au cas par cas, en se fondant sur la priorité donnée par M. de Launay à la traduction des « articulations de sens ». (shrink)
Des lecteurs dune récente livraison de Monist, The Relevance of Charles Peirce, pourraient chercher l'actualité de Peirce chez des philosophes contemporains influencés par lui. J'essaie de montrer que Peirce est actuel parce que son apport principal, le pragmatisme, se rattache profondément à des sujets qui nous sont familiers. Formé dans la tradition cartésienne et kantienne de l'epistemologie, l'oeuvre de Peirce intéresse les héritiers de cette tradition.Cependant, son pragmatisme fait apparaître les hésitations de cette tradition qui offre à ses héritiers une (...) incertitude epistemologic ue générale dont l'effet est de les engager vers un fondationalisme égocentrique qui isole plusieurs philosophes de l'actualité. Readers of the recent Monist publication, The Relevance of Charles Peirce (La Salle, Illinois, 1983) may seek to locate Peirce's « relevance » in the number of contemporary philosophers influenced by any aspect of his work.I argue, instead, that Peirce is relevant because his central work, pragmatism, relates deeply to matters immediately at hand. Since he is trained in Cartesian-Kantian tradition of epistemology, Peirce's work interests disciples of that tradition. In the end, however, his pragmatism discloses the errent tendency of that tradition : to offer its disciples over-generalized epistemological uncertainty and, therefore, the compensatory need to engage in egocentric foundationalisms. These foundationalisms isolate many contemporary philosophers from « mutters immediately at hand ». (shrink)
Le chapitre 4 du premier livre des Mémorables de Xénophon était quasiment un texte canonique pour la théologie des premiers stoïciens : il contient la première version de « la preuve par la providence » (the Argument from Design) et constitue un témoignage capital et négligé concernant la théologie de Socrate. Les idées qui y sont exposées ne dérivent en effet pas de Diogène d'Apollonie, dont le rôle dans l'histoire de la pensée téléologique a été largement surestimé. Je défends la (...) thèse que le texte du Contre les savants IX, 88-110 de Sextus Empiricus constitue un témoignage unique qui permet de comprendre comment les premiers stoïciens se sont efforcés d'extraire une preuve rigoureuse de l'existence de dieu du chapitre de Xénophon ainsi que du Timée de Platon (29b-30b), et comment ils ont ensuite corrigé leurs syllogismes pour les soustraire aux réfutations parodiques (parabolai) d'Alexinus. On peut ainsi observer la manière dont les stoïciens ont forgé leurs armes théologiques à partir de la tradition dont ils prétendaient être les héritiers. (shrink)
Wittgenstein hérite de Frege l'idée d'une égalité de statut entre affirmation et négation, mais au lieu d'en tirer la thèse d'une absence de force de la négation, il en restaure au contraire la force alors même qu'il ne lui correspond aucune objectivité. D'où vient cette force ? Cette force serait d'expression. Dans cet article, je montre que Wittgenstein n'est finalement pas intéressé par la question sémantique de la négation, mas plutôt par cette attitude propre au philosophe consistant à ne pas (...) faire cas de son symbolisme opératoire, ce qui l'entraîne indûment à s'interroger sur son essence cachée.S'agissant du cas de la négation, Wittgenstein montre comment s'attaquer à la source de notre errement plutôt qu ' à la source de la signification justifiant son usage. Il « traite » ainsi ce qu'il appelle dans une de ses Dictées le « problème de Socrate » . L'impasse sur le symbolisme de la négation est un symptôme d'aveuglement au symbolisme. Reste donc à saisir l'articulation du signe avec le symptôme, soit entre deux espèces de traits que Wittgenstein tient pour hétérogènes. Pourtant, dans son combat contre les préjugés grammaticaux, Wittgenstein entend bien redonnera l'expression du signe une importance qui permet de comprendre en même temps son action sur le symptôme (sa disparition).Dans la « résolution » , une certaine concomitance freudienne entre les deux est donc présupposée. Nous examinons ce point de rencontre avec Freud tout en distinguant leurs conceptions respectives du grammatical. Wittgenstein inherits Frege's conception of equality of status of negative and positive assertions. Yet, far from concluding with Frege that the negation is weak, he restores its strength while at the same time he thinks it is devoid of objectivity since negative facts do not exist. Where does this strength come from ? The answer is : from its sole expressivity. My contention is therefore to show that Wittgenstein is less interested in the semantics of negation than in the philosopher's attitude which consists in neglecting the symbolic operation of negating, hence his questioning the essence of negation.Against this « symptom » Wittgenstein calls « Socrates ' problem » , the right thing to do is to cure it by tracing back the wot of our being misled by grammatical prejudices rather than to look for the source of meaning. What is to be treated is our blindness to symbolism. However we are left with a question concerning the connection between the sign of negation and the « symptom » resulting from omitting the latter. The difficulty arises from the fact that for Wittgenstein they belong to two different realms, while at the same time he seems to assume that the sole strength of expressing negation as a symbol could effect the desappearing of the symptom e.g. the « solution » of the « problem » . It is impossible to appraise this meeting-point between Wittgenstein and Freud without taking into account their respective conceptions of « the grammatical ». (shrink)
Les deux livres de Sartre sur l’image posent un problème d’interprétation rarement traité. Le premier, L’Imagination, s’achève sur un vibrant hommage à la théorie husserlienne de l’image. Le second, L’Imaginaire, qui faisait initialement partie d’un même volume, propose une théorie inédite de l’imagination qui ne cite pas une seule fois Husserl, et qui s’en démarque fortement. Sartre a-t-il changé de point de vue d’un livre à l'autre ? Ou faut-il comprendre que son hommage à Husserl était d’emblée un hommage critique, (...) porteur de lourds désaccords explicités par L’Imaginaire ? Cet article répond à ces questions en cernant les lignes de fracture décisives entre les deux auteurs. (shrink)
Este texto procura encontrar um princípio hermenêutico que dê acesso a uma leitura de unidade da obra de Ricoeur. Nesse contexto, experimenta a tese de que a filosofia ricoeuriana se deixa interpretar como um caso no interior do pensamento crítico de herança kantiana, como uma filosofia dos limites da razão, não no sentido originário, de investigação sobre as condições de possibilidade do conhecimento objectivo, mas por poder ser lida como uma pesquisa sistematica para encontrar as condições em que é possível (...) ao pensar, à discursividade, dizer, num saber constituído, a existência. Assim, tratar-se-á do significado "crítico" de Le volontaire et l'involontaire que, sendo a primeira obra do projecto da Filosofia da Vontade. lhe determina as condição de possibilidade, ao propor os princípios teóricos fundantes da constituição de um discurso unitário sobre o humano enquanto expressão de uma existência histórica e livre. /// Ce texte veut trouver un principe herméneutique qui donne accès à une lecture unitaire de l'oeuvre de Ricoeur. C'est dans ce contexte que l'on avance la thèse selon laquelle la philosophie ricoeurienne doit être interprétée comme un cas à l'intérieur de la pensée critique d'héritage kantien, comme une philosophie des limites de la raison, non pas dans le sens d'investigation des conditions de possibilité de la connaissance objective, mais parce que cette philosophie peut être lue comme une recherche systématique en vue de trouver les conditions dans lesquelles le penser, le discours, peut, en un savoir constitué, dire l'existence. On s'occupera donc du sens "critique" de Le volontaire et l'involontaire qui, comme première oeuvre du projet de la Philosophie de la l'olonté, assigne à celle-ci ses conditions de possibilité en proposant les principes théoriques qui fondent la constitution d'un discours unitaire à propos de l'humain en tant qu'expression d'une existence historique et libre. /// This text seeks to find a hermeneutical principle which permits a reading of Ricoeur's work as a whole. In this context, it is proposed that Ricoeur's philosophy may be interpreted with the Kantian tradition of the critical thought as a philosophy of limits for reason; this is not to be taken in the original sense of the conditions of possibility for objective knowledge but rather as sistematic investigation to discover the conditions which make possible thought and discourse concerning existence. It is thus that the "criticism" of Le volontaire et l'involontaire, the first work of his Philosophy of the Will. can be seen as determining these conditions of possibility by proposing fundamental theoretical principles of the constitution of unitary discourse is relation to the human experience, understood as historical and free existence. (shrink)
t. 1. La déduction transcendentale avant la Critique de la raison pure.--t. 2. La déduction transcendentale de 1781 jusqu'à la deuxième édition de la Critique de la raison pure (1887).--t. 3. La déduction transcendentale de 1787 jusqu'à l'Opus postumum.
Dans cet article je réponds à deux questions philosophiques soulevées par la thèse suivante appelée « thèse de l’hyper-calcul » : il est possible de construire physiquement un modèle d’hyper-calcul. La première question est liée aux enjeux de cette thèse. Puisque la construction physique d’un modèle de calcul dépasse le cadre mathématique initial de la théorie de la calculabilité, j expliquerai pourquoi il est nécessaire de construire physiquement un modèle d’hyper-calcul. La seconde question concerne le problème de la vérification : (...) à supposer que l’on dispose d’un modèle d’hyper-calcul construit physiquement, il serait impossible de vérifier que ce modèle calcule une fonction non calculable par machine de Turing. Je proposerai une analyse de ce problème dans le but de montrer qu’il ne remet pas en cause de façon explicite la thèse de l’hyper-calcul. (shrink)
L'Action de Blondel, malgré son centenaire, n'est pas encore un texte très connu. Sa rigueur philosophique a souftert de nombreuses incompréhensions, dûes à des lectures partiales. L'intelligence philosophique tente cependant. aujoud'hui comme hier, de méditer sur le sens de l'existence et sur ce qui uniile nos vies sans les étouffer sous des formes uniformisantes. Cet article montre comment Blondel entreprend une telle méditation, en assumant la structure essentielle du "symbole". /// L'Action de Blondel, apesar do seu centenário, ainda não é (...) urn texto muito conhecido. O seu rigor filosófico sofreu numerosas incompreensões, devidas a leituras parciais. A inteligência filosófica tenta, contudo, hoje como ontem, meditar sobre o sentido da existência e sobre o que unifica as nossas vidas sem as sufocar sob formas uniformizantes. Este artigo mostra como Blondel empreende uma tal meditação, tirando dela a estrutura essencial do "símbolo". Despite the fact that it is a centenary work, Blondel's L'Action is not yet very well known. Its philosophical accuracy was misundestood through partial readings. However, now as before, philosophical intelligence attempts to meditate on the meaning of human existence, on what unifies our lives without suffocating them through uniforming forms. This paper shows how Blondel undertakes such a meditation, assuming the essential structure of "symbol". (shrink)
La passion de l'unité : tel semble avoir été l'un des principaux moteurs de l'activité diplomatique et intellectuelle du cardinal Nicolas de Cues (1401-1464).
Pour Bataille, la représentation est à la fois neutralisation et déchaînement – exposition à la force dévastatrice, pétrifiante, contagieuse de la présence. La surcritique bataillienne de la représentation tend donc à la fois à la destruction de la représentation et à la (re)constitution de la présence. D’où l’exigence formulée par Bataille : la représentation devrait être avant tout le saut dans l’abîme de la présence, il faudrait qu’elle fasse l’expérience de la présence, dans une dépense insensée, sans aucune économie. L’hypothèse (...) de ce texte et l’enjeu qui lui correspond procède ainsi du rapport du geste surcritique à la structure de la représentation ; la fin de ce geste – la destruction de la représentation en tant qu’aboutissement à la présence – correspondrait à la finalité de la représentation elle-même. (shrink)
Les travaux ici rassemblés constituent les actes d’une journée d’études tenue en mai 2010 au Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours. Conformément aux coutumes épistémologiques du Centre, des spécialistes venus d’horizons disciplinaires très variés – histoire, philosophie, géographie, études italiennes – s’y sont retrouvés autour d’une interrogation commune sur les formes de la domination territoriale que met en jeu l’idée ..
This paper aims at introducing a French audience to the Intelligent Design debate. It starts by reviewing recent attacks on any possibility of a rational account of theism in light of the contemporary theory of evolution. A section is devoted to outlining the genesis of the "wedge" strategy, to distinguish it from young earth creationism, and to highlight the questioning of evolution as our meta-narrative bearing on overall conceptions of the scientific endeavor. The arguments propounded by Behe are reviewed in (...) detail, as the example of blood coagulation as a purported irreducibly complex mechanism is contrasted to the question of system boundaries. Counter-arguments by Miller are reviewed, and a few bottom-line questions are directed to invite a further consideration of the type of engineering this could testify to. The concept of complex specified information is then presented, and contrasted to traditional and lingering axiomatic problems in the theory of probabilities. The problem of the recognition of an intrinsic pattern is also brought together with some work in recent philosophy of causation and explanation. The two opposing strategies, naturalistic evolutionism and intelligent design, are seen as caught in each other's rhetoric, and some probing is offered in the direction of a theory that could surpass those stalling factors. (shrink)
John Searle défend l’idée d’un «Arrière-plan» de l’intentionnalité, c’est-à-dire le point de vue selon lequel il existe un ensemble de capacités mentales non représentationnelles (ou non intentionnelles) qui rendent possible toute forme d’intentionnalité (donc sans lesquelles il n’y aurait pas de croyances, de désirs, d’intentions, etc.). J’examine d’une part dans cet article ses raisons de croire qu’il existe des capacités non représentationnelles et, de l’autre, ses arguments à l’appui de la thèse — la plus importante à ses yeux — selon (...) laquelle un état intentionnel ne peut être l’état qu’il est qu’à la condition qu’un tel Arrière-plan existe.John Searle upholds the idea of a “background” of intentionality. In his view there is an ensemble of non-representational (or non-intentional) mental capacities that make every form of intentionality possible (that is to say, without these mental capacities there would not be any beliefs, desires, intentions, etc.). I examine both his reasons to believe that there are non-representational mental capacities and the arguments he gives in support of the most important claim (according to him) that an intentional state cannot be this particular state unless the said “background” exists. (shrink)
Plusieurs auteurs se sont inspirés des thèses du deuxième Wittgenstein pour proposer une nouvelle approche en sciences sociales qui viserait la justification plutôt que l'explication de l'action. Sur la base d'une étude de trois types d'énoncés formulés grâce au langage de l'action (factuels, normatifs et attributifs d'états mentaux), cet article évalue les difficultés et possibilités d'une telle suggestion.
Cet article poursuit un double objectif: premièrement, de montrer que, dans I’Hippias majeur de Platon, Hippias défend une ontologie matérialiste, et, deuxièmement, de définir la critique de cette ontologie matérialiste. Cette démonstration repose sur l’interprétation du passage qui se trouve en 300b4-301e3. Nous présenterons d’abord les limites des interprétations qu’en font P. Woodruff et I. Ludiam, pour ensuite définir le concept de matérialisme dans le contexte de la pensée ancienne (Démocrite) afin de dégager les traits spécifiques du matérialisme que Platon (...) prête aHippias. L’opposition entre Hippias et Socrate est enfait une opposition ontologique entre deux conceptions de l’unité : les unités corporelles élémentaires (Hippias) et l’«unité formelle» (Socrate).The aim of this article is twofold: first, to show that, in Plato’s Hippias Major, Hippias is the mouthpiece of a materialist ontology; second, to discuss the critique of this ontology. My argument is based on an interpretation of Hippias Major 300b4-301e3. I begin by revealing the shortcomings of P. Woodruff’s and I. Ludlam’s interpretations. Next, I define the concept of materialism as it was understood in ancient Greece (Democritus) in order to outline the specificity of Hippias’ materialism. Finally, I argue that the opposition between the two characters of the Hippias Major represents in fact an ontological opposition between two conceptions of what a unity is, i. e., Hippias’ elementary corporal unities and Socrates’ “formal unity.”. (shrink)
Attribué à Brandon Carter, l' argument de l'Apocalypse Doomsday Argument , soit DA, dans ce qui suit) a été décrit par John Leslie (1992). On peut formuler ainsi cet argument. Soit A l'événement: l'Apocalypse se produira avant l'an 2150 ; et B l'événement: l'Apocalypse ne se produira pas avant 2150 . Soit également Z l'événement: j'ai connu les années 1990 . On peut par ailleurs estimer à 40 milliards le nombre d'humains ayant existé depuis la naissance de l'humanité, jusqu'à notre (...) époque: soit H1996 un tel nombre. On peut ainsi admettre, de manière raisonnable, qu'un humain sur dix, dans le cas de l'événement.. (shrink)
La discussion sur l'authenticité du deuxième livre de la Métaphysique d'Aristote (Petit Alpha), qui dure depuis un millénaire, a pour origine une scholie qui se trouve dans le Parisinus gr. 1853 (Xe siècle) à la jonction du premier et du deuxième livre. Or, cette scholie a été copiée par la même main que celle qui a ajouté une scholie d'un contenu comparable à la fin de la Métaphysique de Théophraste. Ce fait était passé inaperçu, parce que ce scribe a utilisé (...) différentes écritures: droite ou penchée, calligraphique ou cursive. L'ensemble des témoignages et indices déjà examinés par Gudrun Vuillemin-Diem, d'une part, et par Enrico Berti, d'autre part, est analysé et réinterprété à la lumière de cette nouvelle information, qui permet d'établir que c'est le premier livre de la Métaphysique, et non le deuxième, qui était attribué par certains à Pasiclès de Rhodes, comme en témoignait déjà Asclépios. Le contenu et la formulation très proches des deux scholies permettent de penser qu'elles viennent d'un même érudit: à l'aide, notamment, des commentaires d'Alexandre et d'Asclépios à la Métaphysique d'Aristote, de l'étude de Nicolas de Damas ou des catalogues d'Hermippe et d'Andronicos, il a préparé une 'édition' d'Aristote destinée à devenir un modèle de référence. Dans la tradition latine, Grand Alpha a été accidentellement attribué à Théophraste à cause de la seconde scholie. Mais la discussion dont témoigne la première scholie a pu également être provoquée dès l'origine par celle que rapporte la seconde scholie: la Métaphysique de Théophraste avait probablement été transmise comme un traité aristotélicien, jusqu'à ce que Nicolas de Damas en restitue la paternité à Théophraste; par suite, l'authenticité d'autres livres du corpus aristotélicien a pu également être mise en doute, mais parce qu'ils posaient des problèmes d'ordre éditorial, il y a deux millénaires déjà. (shrink)
Nous distinguons deux types d'anaphores en montrant que la comprehension des relations à longue distance met en jeu plusieurs propriétés de la grammaire comme l'association, ou non, avec un rôle thématique, ou à une position argumentale, et montrons comment les mécanismes mis en jeu sont universels - et ont des conséquences sur l'architecture de la grammaire (sur la définition de la notion de c-commande par exemple). L'article montre en particulier qu'il ne peut y avoir de réciproque ou de clitique lié (...) a longue distance. (shrink)
Chez les commentateurs de l’oeuvre de Michel Foucault, le concept de sujet est communément analysé en termes de processus historiques de subjectivation. Contrairement à ce type d’analyse, l’enjeu de ce travail est de montrer l’émergence d’une problématique de la désubjectivation à partir de la notion foucaldienne de déprise de soi. Il s’agit de montrer d’abord que cette notion aménage à la fois la dispersion et l’effacement de l’auteur. Deuxièmement, la conceptualisation de la déprise sera traitée à travers l’analyse de pratiques (...) spécifiques d’écriture. Enfin, nous verrons comment la déprise de soi est investie dans le champ de l’identité subjective. (shrink)
Cet article se propose de montrer comment la critique de la théorie contractualiste opérée par David Hume est la conséquence politique de son analyse de la causalité. Hume rejette le contractualisme avant tout pour des raisons méthodologiques : une explication par les causes finales n’est jamais une explication satisfaisante. Or, le contractualisme applique au domaine politique l’argument du desseinprésenté dans les Dialogues sur la religion naturelle. La genèse du politique déployée dans le Traité de la nature humaine doit alors être (...) envisagée comme l’application particulière du seul mode d’explication pertinent des phénomènes, l’histoire naturelle, où la sympathie configure et reconfigure, de manière immanente, la société. À la causalité finale, il faut substituer la causalité efficiente. La théorie politique de Hume dans ses deux versants, négatif et positif, est indissociable de son épistémologie.This article proposes to show how David Hume’s critique of contractualism is the political consequence of his analysis of causality. Hume rejects contractualism mainly for methodological reasons: explanations based on final causes are never satisfying. Therefore, contractualism applies to the political sphere the argument from design presented in the Dialogues concerning Natural Religion. The genesis of politics unfolded in A Treatise of Human Nature must be seen as a particular application of the only pertinent way of explaining phenomena, i. e., natural history, in which sympathy immanently configures and reconfigures society. The final cause must be replaced by the efficient cause. Hume’s political theory-either positive or negative-and epistemology cannot be dissociated. (shrink)
In L'Arrêt de mort, as Derrida suggests, an ‘epochal suspension’ manifests itself, compulsively pulsating so as to conjure a certain spectrality beyond all consciousness, perception, or ordinary attentiveness. Re-reading Blanchot's text, I argue that it is on the borderlines of sleep that the ‘arrythmic pulsation’ of the arrêt de mort happens as impossible event – ‘the state of suspension in which it's over – and over again, and you'll never have done with that suspension itself’, to quote Derrida once more. (...) While ‘Living On’ makes little of sleep, however, I take this cue to follow a pathway which leads from Blanchot to Levinas. Blanchot's writing exposes the sleep of reason which occurs in the very promise of perfect day, a promise which mutates in the dream he associates with the ‘other night’, a dream which harbours the irrepressible return of ‘time's absence’, and which opens on to the very ‘outside’ which the world – and the self – lacks or wants (as much as ‘world’ or ‘self’ seek to overcome this ‘outside’ as such). Levinas, meanwhile, wants to think irremissible pure existing (il y a) in terms of insomnia; in contrast, consciousness seeks to assert itself over the unremitting presence of the ‘there is’ through its capacity for unconsciousness or sleep. This essay seeks to attend to the complexities of a certain ‘fatality of being’ that threatens to sweep away the ‘ego’ as consciousness's capacity to sleep is confronted by the radical vigilance of insomnia and the deep anonymity of the night (Existence and Existents). (shrink)
Le relief de la vision. Mouvement, profondeur et cinéma dansLe monde sensible et le monde de l’expressionEst-il possible d’établir une connexion entre Le monde sensible et le monde de l’expression et la pensée du dernier Merleau-Ponty? De quelle manière une formulation germinale de la réflexion ontologique serait-elle présente dans le cours de 1953? Et quels sont les éléments de contact et de convergence qui permettent de retracer un tel lien?J’ai l’intention de proposer cette hypothèse à partir d’une considération du thème (...) de la vision dans son rapport au mouvement, esquissant les points dans lesquels ce lien émerge et se montre, tant de manière latente que de manière manifeste. Je voudrais montrer comment, dans le développement de ce sours, d’un côté, le mouvement est défini dans sa valeur ontologique et en vient à exprimer la relation même qui lie le corps percevant et le monde perçu et, de l’autre côté, comme le thème de l’expérience scopique arrive à éclairer le rapport entre perception et expression pour en dévoiler le caractère chiasmatique.Si les recherches menées par Merleau-Ponty dans la Phénoménologie de la perception avaient délimité le rapport d’inhérence et de co-implication entre le percevant et le perçu, les notes de cours du Monde sensible et monde de l’expression en viennent à désigner un «double mouvement» entre le sens et le sensible, ou bien un mouvement d’expression et d’empiètement de l’un dans l’autre, «réciproque» et «à double sens», dans lequel nous pouvons entrevoir une préfiguration du rapport chiasmatique et réversible qui lie le voyant et le visible dans l’ontologie merleau-pontienne de la chair.Il existe une trame qui relie le cours de 1953 avec la réflexion du dernier Merleau-Ponty, particulièrement avec L’œil et l’esprit. J’ai parcouru à nouveau les trois modes, ou plutôt les trois mouvements de la vision qui émergent à l’état germinal dans les notes du cours.- Le thème de la vision en profondeur comme découverte du rapport actif-passif entre le voyant et le visible, lié à la dimension scopique comme ouverture au lien entre vision et désir.- La notion d’œil spirituel que Merleau-Ponty emprunte à Paul Schilder, comme concept clé pour la conception de la vision dans L’œil et l’esprit, qui représente en outre un lien fondamental entre l’expérience scopique et la conception libidinale du corps propre, en syntonie profonde avec le rôle de la pulsion scopique chez Lacan.- Le thème du mouvement dans le cinéma comme point culminant de ces références à la vision, à la profondeur, au relief, et qui émergera à quelques années de distance, avec la peinture, dans L’œil et l’esprit et dans le cours sur L’ontologie cartésienne et l’ontologie d’aujourd’hui.The Depth of Vision: Movement, Depth, and Cinema in The Sensible World and the World of ExpressionIs it possible to establish a connection between The Sensible World and the World of Expression and the final thought of Merleau-Ponty? In what manner would a germinal formulation of ontological reflection be present in the 1953 course? And what are the elements of contact and convergence that allow us to tracing out such a link? I intend to put forward this hypothesis from a consideration of the theme of vision in its relation to movement, sketching the points in which this link emerges and shows itself, both in a latent and a manifest way. I would like to show, in the development of this course, on the one hand, how movement is defined in its ontological value and comes to express the very relation which links the perceiving body and the perceived world, and, on the other hand, how, as the theme of optical experience happens to bring to light the relation between perception and expression in order to unveil its chiasmatic character.If the research conducted by Merleau-Ponty in the Phenomenology of Perception had delimited the relation of inherence and co-implication between the perceiving and the perceived, the course notes of The Sensible World and the World of Expression come to designate a “double movement” between sense and the sensible, or, a “reciprocal” or “bi-directional” movement of expression and encroachment, in which we can catch a glimpse of a prefiguration of the chiasmatic and reversible relation which links the seer and the visible in the Merleau-Ponty’s ontology of the flesh.There is a web which links the 1953 course with the reflection of the final Merleau-Ponty, particularly with Eye and Mind. I have again gone through the three modes, or rather the three movements of vision which emerge in a germinal state in the course notes.- The theme of vision in depth as the discovery of an active-passive relation between the seer and the visible, linked to the optical dimension as the opening to the link between vision and desire.- The notion of the spiritual eye that Merleau-Ponty takes from Paul Schilder, as the key concept for the conception of vision in Eye and Mind, which in addition represents a fundamental link between optical experience and the libidinal conception of one’s own body, which is profoundly in sync with the role of scopic impulse in Lacan.- The theme of movement in film as the culminating point of these references to vision, to the depth, to the being in relief, or depth perception, which will emerge in some distant years, with painting, in Eye and Mind and in the course on Cartesian Ontology and Ontology Today. (shrink)
Cet article souhaite élucider la philosophie de la chair développée par Michel Henry. Il s’agit de voir comment Henry parvient à penser la chair comme la possibilité principielle de l’individualité. Nous voulons montrer que la démarche henryenne repose non seulement sur une mise en question des canons de l’apparaître, mais également sur la conviction que le problème de l’individualité trouve sa solution dans une expérience charnelle radicale de soi-même permettant d’opérer un repli en-deçà du corps chosifié de la phénoménologie husserlienne. (...) C’est ce double mécanisme conceptuel qui permet à Henry de rejoindre l’individualité et de l’établir comme fondement de la vie in-ek-statique. (shrink)
Cet article se propose d’établir que la réalité que reçoivent les idées de la raison pure, les idées de liberté, de Dieu et de l’immortalité de l’âme, dans l’usage pratique de la raison, est moins objective que la réalité dont sont susceptibles les concepts purs de l’entendement dans leur fonction de détermination d’objet. À cette fin, il explicite, en premier lieu, en quoi la réalité objective des idées de Dieu et del’immortalité de l’âme peut être qualifiée de «subjective», en second (...) lieu, en quel sens on peut considérer la réalité objective de l’idée de liberté en tant que res facti comme incomplète relativement à l’objectivité théorique, enfin, en troisième lieu, il met en avant que l’acquisition de réalité objective pratique n’implique pas l’extension de la connaissance théorique des objets de ces trois idées.My aim in this article is to demonstrate that the reality of ideas of pure reason (liberty, God, and the immortality of the soul) in the practical use of reason is less objective than the reality of pure concepts of understanding in their function of determining the object. To this end I explain how the objective reality of ideas of God and the immortality of the soul can be qualified as “subjective,” and in what sense the objective reality of the idea of liberty as a res facti can be considered as incomplete in terms of theoretical objectivity. Finally, I propose that the acquisition of practical objective reality does not entail expanding our theoretical knowledge of the objects of these three ideas. (shrink)
Le modele d'ancrage propose ici est simple a recapituler. Les projections sensorielles analogiques sont les intrants des reseaux neuronaux qui doivent apprendre a connecter certaines des projections avec certains symboles (le nom de leur categorie) et certaines autres projections avec d'autres symboles (les noms d'autres categories pouvant se confondre les unes aux autres), en trouvant et en utilisant les invariants qui les representent de facon a favoriser l'accomplissement d'une categorisation juste. Les symboles ancres sont alors enfiles dans des combinaisons d'ordre (...) superieur (descriptions symboliques ancrees) par un deuxieme processus combinatoire qui presente une difference critique a l'egard de la manipulation symbolique classique. Dans la manipulation symbolique standard (non ancree), la syntaxe est la seule contrainte a laquelle les combinaisons de symboles sont soumises et elle s'applique a la configuration (arbitraire) des symboles. Dans un systeme symbolique ancre, on doit tenir compte d'une deuxieme contrainte, celle de la forme non arbitraire des invariants sensoriels qui connectent le symbole a la projection sensorielle analogique de l'objet auquel il se rapporte. Je ne peux m'etendre sur la nature de ces systemes symboliques ancres a double contrainte , si ce n'est que pour indiquer que la perception categorielle humaine peut apporter quelques indices quant a la nature de cette interaction entre les contraintes analogiques et syntaxiques. (shrink)
Le but de cet article est de comprendre les fonctions que dans le Sophiste l’Étranger attribue à la forme de l’Être et à celle de l’Autre. À la différence d’une interprétation de type linguistique, qui vise à déceler dans le texte une distinction entre les emplois du verbe «être», nous mettons en évidence le rôle ontologique assigné aux très grands genres dans l’entrelacement des formes. Exploitant l’analogiedes voyelles, nous montrons que l’Être est un connecteur, qui rend actuelles les participations entre (...) formes, tandis que l’Autre est un séparateur, qui rend actuelles leurs différences. Cette analyse permet d’eclairer les procédés dialectiques décrits dans le dialogue en termes très abstraits et de résoudre le problème controversé de l’auto-prédication sans avoir besoin de recourir à l’auto-participation.This article aims at understanding the functions of the forms of Being and the Other in Plato’s Sophist. In contrast with a linguistic interpretation purporting to draw a distinction between uses of the verb “to be,” I shed light on the ontological role ascribed to “the great genus” in the interweaving of forms. Focusing on the vowel analogy, I argue that the roles of Being and the Other respectively are that of a connector and aseparator actualizing the participations and the differences between the forms. The outcome of this analysis is to offer an explanation of the dialectical methods described in that dialogue in a rather obscure, abstract way; the much-debated question of self-predication can be settled without recourse to self-participation. (shrink)
L’iconologie traditionnelle a fixé la représentation d’un être « inspiré », immobilisé par une soudaine et visible illumination, main levée ou en suspens, regard fixe et aimanté. À l’inverse de cette image arrêtée, on souhaite mettre en valeur la dynamique d’une quête, d’un « voyage des idées ». L’idée même d’inspiration témoigne de glissements notionnels, de reprises et de refontes ; plus encore, elle permet de reconsidérer la métaphore du voyage — voyage des idées et par les idées. En soulignant (...) le lent déplacement notionnel qui ramène l’inspiration du ciel à la terre et de l’extraordinaire à l’ordinaire, on plaidera pour la puissance d’idées « vagabondes ». Les poursuivre oblige à transgresser délimitations et frontières, à construire l’itinéraire hasardeux d’une pensée risquée. (shrink)
Du point de vue relativiste, la juridicite du droit a ete souvent mise en cause, en tant que norme inventee seulement par ou pour l'homme faible, inapte, bourgeois ou occidental. Cette critique s'attaque particulierement aux droits de l'homme auxquels la mobilisation dune certaine opinion africaine voudrait cependant ajouter le droit aux reparations des prejudices subis pendant l'esclavage et la Traite des Noirs. Souvent ou facilement reduit au droit du plus faible, ce droit semble cependant avoir quelque chance d'etre au moins (...) lu dans un contexte favorable de progres de la conscience morale universelle attestee. (shrink)
J.-P. Morel, « Le Docteur Toulouse ou le Cinéma vu par un psycho-physiologiste (1912-1928) », 1895. Revue de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma, n° 60, 2010, p. 122-155. Cet ensemble de textes, réédités pour la première fois pour la plupart, met en lumière l'intérêt que le cinéma a suscité chez les scientifiques qui cherchaient à évaluer les changements que la perception de l'image intermittente pouvait occasionner sur la physiologie et la psychologie des spectateurs en y (...) - (...) Brèves. (shrink)
S. A. Mrozowski, « Temps, rythme et espace. L'influence d'Henri Lefebvre dans le champ de l'archéologie historique », in P. Cingolani (dir.), Henri Lefebvre, une pensée devenue monde ?, 2013, Paris, L'Harmattan, 2013, p. 119-132. - Brèves.
L’herméneutique coranique de Fazlur Rahman (1919-1988) repose sur la recherche méthodique du sens objectif du texte. Inspiré par l’herméneutique romantique, telle qu’on peut la trouver chez E. Betti et qui nécessite pour le lecteur d’établir un lien intérieur avec l’esprit de l’auteur, Rahman considère que c’est l’intention divine qui est garante de l’objectivité du sens du Coran. L’empathie avec l’auteur est rendue possible par une conception historique de la révélation, selon laquelle la parole, qui est amenée par un Esprit intérieur (...) et immatériel, passe par le filtre de la conscience prophétique. La méthode historiciste d’interprétation de Rahman, qu’il appelle herméneutique du « double mouvement », repose sur les deux critères d’objectivité que sont le contexte historique de la révélation et la prise en compte de la totalité du livre sacré. Ainsi, l’interprète doit, dans un premier temps, aller à la période de révélation pour, à partir des circonstances particulières, comprendre les finalités objectives du texte, identifiées à l’intention divine. Puis, il doit appliquer ces principes, qui sont moraux et non juridiques, au présent en s’éloignant du sens littéral. Rahman illustre son propos en essayant de montrer que le souci de l’intention divine permet de voir que le Coran s’oppose à la polygamie et à l’esclavage, qui vont contre le principe moral d’une société juste et égalitaire. (shrink)
Pour l'economiste le plus celebre et le plus influent du vingtieme siecle, John Maynard Keynes (1883-1946), l'economie devrait occuper une place secondaire dans la vie humaine et sociale. La politique et surtout l'ethique devraient etre au poste de commande. L'oeuvre de Keynes, penseur multidimensionnel, s'appuyait sur un socle philosophique, ethique et epistemologique, qui en eclaire tous les aspects. Notre communication souligne en particulier l'influence determinante, dans la vision keynesienne, des Principia Ethica de Moore. A partir de ce livre, et des (...) Principles of Mathematics de Russell, Keynes a engage une reflexion philosophique qui a abouti ä la publication, en 1921, du Treatise on Probability, qui pose le probleme de Taction en contexte d'incertitude radicale, ce qui est le cas de Taction economique. C'est done sur la base d'une reflexion philosophique, encore peu connue, que Keynes condamne le laisser-faire et prone un interventionnisme indispensable pour eviter Tecroulement d'une civilisation menacee par les extremismes. (shrink)
L'autorite, « une cause perdue », ou « presque perdue » ? Si Ton en croit Hannah Arendt, qui s'exprime en ces termes, la notion d'autorite aurait ete ä la fois passablement obscurcie et fortement compromise par la « Modernite » ; elle aurait meme disparu de notre monde, tant sur le plan politique que prepolitique (qui renvoie ä la sphere de l'education familiale, scolaire). Nous voudrions montrer que cet effacement peut s'entendre avant tout comme une sorte d'eclipse, dans la (...) mesure ou la dimension fondatrice, institutrice de l'autorite est ä reconnaitre, dans le plan politique comme educatif, et que c'est ce qui permet d'etablir selon nous la permanence de sa necessite. Mais la condition pour en prendre la mesure est de proceder ä l'examen critique des confusions qui, «durcissant» et figeant la notion, empechent de penser l'autorite autrement que sous un jour repressif. De ce point de vue l'analyse arendtienne est selon nous ä poursuivre face ä une nouvelle forme de « crise », qui correspond ä un retour de l'autorite invoquee comme force, en des termes qui tendent plus ä la defigurer qu'ä la reinstaller dans sa legitimite. (shrink)
En regardant en arriere ä l'itineraire philosophique de Ricceur, nous sommes tentes d'y saisir une logique de developpement qui semble decrire un mouvement en Spirale. C'est pourquoi dans des ouvrages les plus tardifs nous trouvons un retour de cette recherche sur la volonte - inscrite en fait dans le cadre d'une anthropologic philosophique - qui avait inspire son projet de jeunesse. Appelons-le 'mouvement en Spirale' et non : retour circulaire aux origines, car entre le debut et la fin i l (...) n'y a pas de coincidence mais enrichissement apres un long detour ä travers l'univers du langage et de la textualite. II ne s'agit pas pour autant d'imaginer une suite du genre : Philosophie de la volonte, hermeneutique, ä nouveau Philosophie de la volonte ou de Taction. Le terrain de l'hermeneutique, une fois conquis, n'est en realite jamais abandonne, dans la mesure oü i l est impossible de se passer de la mediation du langage. Le phenomene se donnant grace au pouvoir revelatif du langage nous permet de saisir les multiples aspects de l'homme agissant et souffrant. La Philosophie de Ricceur, est, plus qu'une "Philosophie du langage", une "philosophie ä travers le langage", c'est-ä-dire qu'elle traverse le phenomene du langage dans toute sa richesse sans jamais oublier qu'ä travers le langage nous parlons de quelque chose et que le langage ne doit pas devenir - si non pour une abstraction deliberee et consciente - un Systeme clos en lui-meme sans reference au monde et aux interlocuteurs du discours : cette consideration reste valable meme par rapport au dernier ouvrage oü la dialectique entre memoire et histoire est toujours liee ä la dialectique entre discours oral et discours ecrit et done au double travail de l'ecriture et de la lecture. Notre hypothese de travail est qu'on pourrait retrouver dans cette traversee du langage une sequence ä la fois historique (selon l'ordre de la decouverte) et theorique (selon un certain ordre hermeneutique) de trois paradigmes : Symbole, texte, traduction, qui nous donnent une sorte de boussole pour nous orienter au cours du long voyage. (shrink)
Prenant appui sur une récente expérience dans le cadre d’une alliance de recherche universités-communautés (ARUC) impliquant quelques communautés innues du Québec, cet article aborde certains des enjeux propres à une éthique collaborative. La relation de recherche entre autochtones et allochtones demeure profondément marquée par l’histoire et par la tradition scientifique occidentale. Dans un contexte ou plusieurs communautés et organisations autochtones élaborent des protocoles et lignes directrices portant sur l’éthique et les pratiques de recherche, et ou les chercheurs se tournent vers (...) des approches qui se veulent plus inclusives et des méthodologies davantage participatives, cette réflexion vise a mettre en évidence le pouvoir critique de la collaboration, les obstacles et les limites sur lesquels elle se heurte actuellement, et aussi son potentiel de transformation, voire de guérison individuelle et collective. (shrink)
Le bien-fondé de l’herméneutique dont Augustin jette les bases dans son De doctrina christiana est d’ordre communautaire, plus qu’épistémologique. Aussi bien, les règles qui s’y formulent ont juridiction au-delà du seul domaine du sémiotique : elles s’appliquent, de manière égale et même isomorphe, comme je le postulerai, à l’univers des rapports sociaux. Plus fondamentalement, ces règles veulentprésider à l’économie du désir, dans laquelle le sémiotique et le social trouvent leur origine commune et, surtout, le principe de leur organisation harmonieuse. J’en (...) ferai la démonstration en analysant l’image du «voyage vers la patrie» (peregrinatio ad patriam).In the De doctrina christiana Augustine lays the foundations of a type of hermeneutics more community oriented than epistemological. Likewise, the rules he formulates have jurisdiction beyond the sole domain of semiotics; as I shall argue, they are applicable, in like (even congruent) manner, to the world of social relations. More fundamentally, these rules are intended to moderate an economy of desire, in which semiotics and social relations find a common origin and, above all, the principles of their harmonious organization. I shall demonstrate these ideas through an analysis of the image of “the voyage towards the homeland” (peregrinatio ad patriam). (shrink)
S'il reprend des thèmes chers à la patristique, Érigène adapte ces notions théologiques afin de penser non plus tant l'être divin, que l'être créé, en sa condition même de créature. Ainsi Érigène reconnaît-il aux êtres créés, qu'il nomme «existants» (existentia), une subsistence qui, si elle se fonde dans l'essence divine, s'en distingue toutefois.Quoi qu'il en soit du contexte néoplatonicien dans lequel intervient le terme subsistence (utilisé notamment pour traduire l'huparxis du Ps-Denys ou de Maxime le Confesseur), l'on ne saurait le (...) réduire à la nomination de la venue à l'être (c'est l'existence qui évoque cette idée). Réinvestissant la notion de subsistence qui s'est construite chez ses prédécesseurs latins, notre auteur s'en sert pour faire signe vers l'idée d'une permanence de ce qui est au-delà de la procession qui luia permis d'accéder à l'être. (shrink)
Je propose ici une hypothèse radicale, mais fragile: le commentaire sur l’Apocalypse désigné par son incipit Vox Domini, qui a été édité1 dans les Opera omnia de Thomas d’Aquin, avant d’être rejeté du corpus authentique, serait l’œuvre de Bonaventure. Je ne peux présenter aucune preuve absolue, mais un ensemble de probabilités ou de convergences. L’enjeu est de taille pour trois raisons: cette œuvre longue (environ 200.000 mots) a forcément occupé longuement Bonaventure et l’histoire de sa carrière doit être revue. Ensuite, (...) le commentaire permet d’avoir une vue plus claire des rapports de Bonaventure avec l’eschatologie de son temps. Enfin, l’indifférence sidérante des historiens aux contenus de Vox .. (shrink)
Nous montrons que: - la théorie T vérifée par la partie non-négative des anneaux ordonnés, discrets, dans lesquels le quotient euclidien par un entier standard quelconque existe, et la théorie IE0(2x) de l'induction pour les formules ouvertes dans le langage Lexp formé par les symboles d'addition, de multiplication, de relation d'ordre, d'exponentielle (2x) et des constantes 0 et 1, ont les mêmes conséquences universelles dans le langage de T. - la théorie IE0(2x) ne démontre pas - (3 divise 2x). - (...) la théorie IE0(2x) ne démontre pas que l'ensemble des nombres premiers est existentiellement définissable dans le langage Lexp. (shrink)
Valérie Chevassus-Marchionni | : Le « cas » de Marie de la Trinité illustre d’une manière particulière la thématique « croyance et psychanalyse ». En effet, chez cette soeur dominicaine des campagnes, la foi religieuse et la croyance en sa vocation de dévotion interfèrent très étroitement avec l’expérience psychanalytique : d’une part, elle se prête pendant quatre années à une cure psychanalytique avec le docteur Jacques Lacan, d’autre part, elle exercera elle-même quelque temps la profession de psychothérapeute. Pour Marie de (...) la Trinité, la psychanalyse arrive à un moment critique de son existence, alors que ce qu’elle nomme ses « obsessions » lui rendent la vie impossible et lui interdisent même de pratiquer sa foi ; elle se tourne alors vers des traitements divers, parfois brutaux et inhumains. Ce n’est pas la psychanalyse qui la guérira, mais c’est à partir de cette expérience qu’il lui sera donné de triompher de son mal et, en comprenant quelle en était l’origine, d’entreprendre « sa propre rééducation » et de connaître « la lumière et l’harmonie » dans sa vie de dévotion. | : The case of Mary of the Trinity illustrates in a particular way the thematic of “belief and psychoanalysis”. Indeed, in this Dominican sister, a missionary in the country, religious faith and belief in her vocation of devotion closely interfere with psychoanalytical experience : on the one hand she undergoes a four year psychoanalytical cure with Doctor Jacques Lacan ; on the other hand she works for a while as a psychotherapeutist. For Mary of the Trinity psychoanalysis appears at a critical moment in her life, just as what she calls her “obsessions” make her life unbearable and even prevent her from practising her faith ; then she tries many different treatments, sometimes brutal and inhuman. Psychoanalysis won’t cure her, but thanks to this experience, she will overcome her pain and by understanding its origin will undertake “her own reeducation” and know “light and harmony” in her life of devotion. (shrink)
Résumé -/- Dans son premier livre (Philosophie de l’arithmétique 1891), Husserl élabore une très intéressante philosophie des mathématiques. Les concepts mathématiques sont interprétés comme des concepts de « deuxième ordre » auxquels on accède par une réflexion sur nos opérations mentales de numération. Il s’ensuit que la vérité de la proposition : « il y a trois pommes sur la table » ne consiste pas dans une relation mythique quelconque avec la réalité extérieure au psychique (où le nombre trois doit (...) être exemplifié de quelque manière), mais bien dans le fait que les pommes sur la table peuvent être dénombrées correctement en tant qu’elles sont au nombre de trois. Nous avons affaire ici à une position « antiréaliste » fondant la vérité mathématique non pas dans un monde platonicien, mais bien sur le concept de rectitude de nos opérations formelles. -/- Abstract -/- In his first book (Philosophy of Arithmetic 1891) Husserl develops a very interesting philosophy of mathematics. Mathematical concepts are interpreted as « second order » concepts gained by reflection on our mental operations of counting. Accordingly the truth of the proposition « There are three apples on the table » consists not in any mythical relation to the extra-mental reality (where the number three should be somehow exemplified), but rather in the fact that the apples on the table can be correctly counted as three. We have here an « anti-realist » position grounding the mathematical truth not in platonic realms, but rather in the concept of correctness of our formal operations. (shrink)
Ce texte a déjà paru sur Deleuze International en février 2009. Nous remercions Jean-Christophe Goddard de nous avoir autorisé à le reproduire ici. En introduction à L'art, l'éclair de l'être, paru en 1993, Maldiney consacre un texte à un article d'Oskar Becker initialement publié en 1929 et traduit et annoté en 1986 par Jacques Colette dans le n° 9 de la revue Philosophie. Le titre de l'article de Becker est « La fragilité du beau et la nature aventurière de l'artiste. (...) Une recherche ontologique dans le (...) - Philosophie – Nouvel article . (shrink)
Cet article propose une réflexion sur la manière d’appréhender, en milieu autochtone, la collecte et l’analyse des données, les deux dimensions de la recherche qui sont les plus vulnérables aux biais ethnocentriques. En optant pour une démarche qui part du point de vue des participants eux-mêmes, il est suggéré de porter un regard de l’intérieur et d’aller à la rencontre du savoir intime, culturellement et territorialement situé, afin d’éclairer les choix réflexifs et originaux que font les acteurs autochtones. Pour cela, (...) il est proposé d’opter pour l’approche biographique et d’adapter celle-ci en fonction des réalités et des demandes des partenaires de recherche autochtones. Cette adaptation doit s’effectuer à différentes étapes du processus, notamment à l’étape de l’analyse et de la valorisation des résultats. Il est notamment proposé que les récits biographiques ne devraient pas être considérés comme de simples données de terrain, mais plutôt comme un niveau d’analyse en soi et qu’à ce titre, ils devraient pouvoir avoir une existence propre, en dehors tout autant qu’au sein de la recherche. (shrink)
L’objectif de cette étude est de cerner l’influence que le stoïcisme a exercée sur Saint Augustin, à la fois dans la formulation de ses positions matérialistes, avant sa conversion au platonisme, et dans son rejet d’une conception matérialiste de l’âme, juste après sa conversion. La conception d’un Dieu matériel, occupant l’espace infini (Conf. VII, 1-2), étape qu’Augustin situe juste après sa rupture avec le manichéisme, doit au stoïcisme l’identification de l’être à la corporéité, ainsi que l’infinité de l’espace, mais s’éloigne (...) de lui en cherchant à concevoir en termes matérialistes la transcendance divine. D’autre part, il est montré que dans le De quantitate animae la conception matérialiste de l’âme critiquée, tout en étant compatible avec le stoïcisme, n’est pas spécifiquement stoïcienne, alors que bon nombre des arguments développés contre elle dérivent de la polémique platonicienne dirigée contre la psychologie stoïcienne, que nous pouvons faire remonter, en particulier, au traité 2 [IV, 7] de Plotin. (shrink)
L’oeuvre de Bardesane († 222), un philosophe chrétien gnosticisant de langue syriaque, nous est parvenue sous forme d’un traité, «Livre sur les lois des pays», et de nombreux fragments, souvent transmis par les adversaires de Bardesane et de ses disciples. Tel est le cas des quelques fragments sur la résurrection, conservés par Éphrem le Syrien († 373) dans un Discours contre Bardesane. L’analyse du texte, visant à séparer les positions de Bardesane et celles d’Éphrem, permet de proposer une nouvelle interprétation (...) de l’anthropologie bardesanite dans le contexte de sa théologie de la résurrection. Ainsi on peut noter chez lui une certaine influence de la doctrine stoïcienne de l’âme corporelle, connue également par des auteurs chrétiens du IIe siècle : surtout Tatien († 182) et Tertullien († 220). Le rapprochement avec Justin Martyr († 165) et Athénagore († 190) permet une relecture des idées de Bardesane sur la résurrection et souligne notamment son manque de références aux épîtres de Paul et la conviction que l’âme humaine est la seule concernée par le péché d’Adam et par la résurrection du Christ. (shrink)
Ce que nous voulons faire dans ce travail, est de presenter des concepts differents de terme de l'existence chez Martin Heidegger et Jean-Paul Sartre. Parce que cette analyse nous donnera la possibility de bien comprendre les principales idees de ces penseurs dans la Philosophie contemporaine.D'abord, nous devons remarquer que le terme d'existence retient une place centrale chez eux. Comme nous l'avons expose dans notre travail, la filiation entre ces penseurs est construite particulierement sur cette idee. Dans ce travail, nous avons (...) pose differentes questions, et nous livrons leurs reponses. D'ailleurs, on voit que chez Heidegger, l'essence du dasein reside dans son existence, et chez Sartre l'existence precede l'essence. En plus, quand Sartre parle d'existence, c'est de maniere abstraite, autrement dit l'existence est un concept analytique. L'existence sartrienne etant la facticite, elle exprime la condition humaine d'un etre pour lequel dans son etre il y va de son etre. D'un autre cote, l'existence pour Heidegger n'est pas un cadre abstrait, un autre mot pour dire la condition humaine mais un lieu etrange et inquietant.Brievement, l'une des plus grandes caracteristiques de l'existence chez Heidegger est qu'elle n'est pas connaissable objectivement, et n'est pas definissable tout court. Mais chez Sartre, l'existence, c'est avant tout d'etre dans ses actes et par ses actes. (shrink)
Les émotions peuvent être pénibles, voire néfastes. Pensons par exemple à la peur, la colère, la haine, la jalousie ou au mépris. De telles émotions sont souvent qualifiées de négatives. Mais que sont les émotions négatives et comment se distinguent-elles des émotions positives ? Plus généralement, qu’impliquent-elles pour notre compréhension des émotions ? Et quels sont concrètement leurs effets sur nos pensées et nos vies ? De plus, comment analyser l’ambivalence affective, comme quand on ressent à la fois de l’amour (...) et de la haine ? Réunissant dix contributions rédigées pour l’occasion, Les ombres de l’âme propose des éléments de réponses originaux à ces questions. Ce faisant, cet ouvrage jette les bases d’une philosophie des émotions négatives. (shrink)
Il est question de la connaissance de soi telle qu’elle est recommandée et analysée par Socrate dans le Premier Alcibiade de Platon. Tout en prenant en compte le double contexte de la littérature grecque (et plus spécialement de l’OEdipe roi de Sophocle) et des autres dialogues (surtout du Phèdre), l’article reconstruit la série de tensions entre l’effort de fournir une définition générale de ce qu’est l’homme et la tâche de se connaître soi-même en tant qu’individu. Sans perdre de vue le (...) progrès de la division par laquelle Socrate arrive à cerner la source commune, mais difficile à décrire comme telle, de notre capacité épistémique et de la tempérance dans nos actions, il prête attention au redoublement répété d’une méréologie de l’homme et de l’âme par le vocabulaire de la puissance, voire du pouvoir politique. Apparaissent ainsi dans une lumière nouvelle les articulations du schéma de l’activité instrumentale (technê) et le modèle catoptrique, ainsi que le rôle de l’analogie et de la synecdoque comme des figures partagées par la pensée et par la parole qui essaient d’en offrir une sorte d’anatomie descriptive, destinée à suppléer la définition de l’homme en captant le reflet du divin en son âme. L’article conclut que l’ambiguïté de toute description d’un tel reflet ne diminue pas l’impact de l’analyse de l’âme par Socrate. (shrink)
Cet article commence par rappeler quelques éléments de la vie et de l’oeuvre d’Aelred de Rievaulx, connu comme philosophe de l’amitié. Il situe ensuite son discours sur l’âme au sein du regain d’intérêt pour ce sujet manifesté dans l’ordre cistercien par des auteurs comme Guillaume de Saint-Thierry, Isaac de l’Étoile ou l’auteur du De spiritu et anima, mais aussi chez les Victorins. Il en vient ensuite à la spécificité du discours d’Aelred tel qu’on le trouve dans son dialogue sur l’âme, (...) mais aussi dans d’autres écrits. On ne s’étonnera pas de retrouver l’influence d’Augustin et en particulier du De quantitate animae, ni celle de Bernard notamment en ce qui concerne la liberté. En revanche la présence de plusieurs arguments similaires à ceux du Phédon en faveur de l’immortalité de l’âme est plus difficilement explicable. Les caractéristiques principales du discours d’Aelred sur l’âme touchent l’articulation de la psychologie à l’éthique, le rôle accordé à l’imagination et les considérations eschatologiques sur le destin des âmes après la mort. (shrink)
Recopilació dels textos de les reflexions que van tenir lloc en l'encontre inter nacional "Noves fronteres de la ciència, l'art i el pensament. Física de l'estèt ica", celebrat els dies 6 i 7 de setembre de 2005 a l'Auditori Caixa Catalunya-l a Pedrera de Barcelona. En la trobada es plantejaren preguntes universals relati ves als límits de la nostra percepció, al disseny de la matèria o a la narrativa de la complexitat circumdant. Va comptar amb la col·laboración de personalitats d'àmbits (...) no científics que, des de la seva perspectiva, contribuiren a destil·l ar l'estètica emanada de les tendències contemporànies d'aquesta disciplina cien tífica. (shrink)
L’univers romain est peu propice en général à l’étude du sentiment, faute de matière exploitable. Les manifestations extérieures de la sphère de l’affect sont par nature exclues d’un univers au sein duquel l’émotion est considérée, au même titre que toutes les passions, comme antinomique du métier de citoyen, et, a fortiori, de celui de dirigeant. C’est l’un des fondements théoriques de l’exclusion, de la sphère du politique, aussi bien des femmes que de la jeunesse, réputées également guidée..
À partir d’une étude qualitative comparée en France et au Québec, nous montrons dans cet article que la phase d’intégration des nouvelles recrues aides-soignantes dans les organisations gériatriques françaises et québécoises est une phase complexe d’expérimentation du métier, où elles intègrent des normes collectives de rythmes de travail. Le collectif de travail, par la voix d’une « ancienne », juge de la capacité des nouvelles recrues à respecter ces rythmes et transmet des stratégies de régulation créées localement et indispensables pour (...) répondre aux prescriptions contradictoires. La situation actuelle d’intensification du travail vécue dans les organisations gériatriques françaises et québécoises conduit néanmoins à une fragilisation dangereuse des collectifs, voire à une individualisation du rapport aux enjeux organisationnels. Une telle individualisation peut conduire les nouvelles recrues à subir une souffrance éthique consécutive au fait d’accomplir des actes moralement condamnables pour parvenir à respecter les normes temporelles. (shrink)
L’année 2007 marquait le dixième anniversaire de la mort du grand sociologue québécois Fernand Dumont (1927-1997), qui était aussi, et par‐dessus tout, philosophe, mais également théologien et poète. Au cours de ces dix années, le prestige attaché à sa pensée et à son oeuvre n’a cessé de grandir, comme en témoigne la récente publication de ses oeuvres complètes en cinq volumes aux Presses de l’Université Laval (Québec). Dans cette communication, nous ferons ressortir l'universalité de la théorie dumontienne de la culture (...) et sa valeur heuristique eu égard aux problèmes de notre temps. Telle que nous la concevons – dans une perspective qui s’inspire largement de l’herméneutique contemporaine – l’universalité est toujours singulière en ce sens qu’elle ne peut être scindéed’une expérience de culture, en l’occurrence celle de l'« émigration » ou du déracinement, que Dumont a subie comme un véritable « traumatisme » mais à laquelle il a cherché en même temps à répondre, en édifiant une théorie universelle de « la culture comme distance et mémoire » dont il a exposé le cadre général dans son oeuvre maîtresse parue en 1968, Le Lieu de l’homme. (shrink)
Philippe Charru | Résumé : Christoph Theobald travaille depuis de longues années en tant que théologien sur l’oeuvre de Jean-Sébastien Bach, en collaboration avec un musicien. On tente de faire entendre ici comment sa « manière de faire de la théologie », soucieuse de respecter l’autonomie des arts, le rend attentif à la réalité sensible des oeuvres musicales et à une conception génétique de leur forme où se profile « l’opération même du style », selon le mot de Merleau-Ponty. On (...) montre comment l’émergence de cette notion du style dans le champ esthétique, l’a conduit à « penser le mystère chrétien comme “style en relation avec d’autres styles” impliquant un rapport absolument spécifique au beau ». |: Christoph Theobald has spent many years studying the oeuvre of Johann Sebastian Bach from the perspective of a theologian, in collaboration with a musician. This article attempts to demonstrate how his “way of doing theology,” remaining ever respectful of the autonomy of the arts, makes him attentive to the sensible reality of musical works and to a genetic conception of their form from which it is possible to discern their “operation of style” as this idea is outlined by Merleau-Ponty. The author shows how the emergence of the notion of style in the field of aesthetics led him to “conceive the Christian mystery as ‘a style in relation with other styles’ that engenders a relation to beauty altogether specific and unique.”. (shrink)
Il arrive qu’une complexité extrême mette le modèle de la sélection naturelle au défi d’expliquer quoi que ce soit. Depuis Darwin, l’aptitude humaine au langage est incessamment citée en exemple-type de ce cas de figure. Et ceux qui ont souligné les problèmes posés par cette faculté si spécifiquement humaine n’étaient pas tous des critiques du darwinisme. On sait l’argument avancé par Alfred Russel Wallace, co-instigateur de la théorie de la sélection naturelle, et réputé plus darwiniste que ..
« Météorite tombé de l’autre côté du Rhin, Dietrich ne semble d’aucun temps philosophique assignable, rebelle à tous les « ismes », splendide, mais isolé – d’un mot : “Teutonique” ». C’est la connaissance de ce grand penseur, Theodoricus Teutonicus von Vriberg, Thierry ou Dietrich de Freiberg en français, que vient enrichir la thèse de doctorat d’Andrea Colli, publiée en 2010 aux éditions Marietti. Cette recherche prolonge la redécouverte de cet « épineux outsider » dont le coup de lancement ..
Cet article a pour objet d’élucider la disposition philosophique que Lyotard paraît placer au principe de son travail et qu’il appelle signijicativement probité. Cette disposition consiste tout d’abord à offrir à tout ce qui se présente une sensibilité à la singularité du cas, aux différends et aux différences. Mais elle réside également dans un mouvement inverse, dans l’effort d’invention des règles de l’enchaînement entre chacune des occurrences qui auront été respecté en leur spécificite. Dans un premier temps, il s’agira d’analyser (...) la structure de la probité comme possibilité à l’événement et devoir d’enchaînement; puis, en un second moment, nous nous attacherons à I’organisation générale des différentes figures de la probité, en essayant de déterminer la fonction spécifique de la phrase prescriptive. Enfin, nous essayerons de comprendre comment Lyotard oriente la philosophie, par l’intimité qu’il instaure entre la passivité éthique et la réceptivité de la probité, vers une intrication de la prescription et deI’honneur du philosopher, une intrication qui n’est pas sans conséquences politiques.This article attempts to clarify the philosophical disposition which Lyotard seems to establish as the starting point of his work, and which he significantly calls probity. This disposition consists, on the one hand, in showing to all that presents itself a certain sensitivity to the singularity of the case, to disagreements and differences; but it resides also in an opposite movement, to wit, in the task of inventing rules of linkage between all occurrences which will have been respected in their specificity. First, we will analyze the structure of probity as a possibility towards the event and as a duty to link the occurrences. Then, we will consider the overall organization of the different forms of probity, while seeking to determine the specific function of the prescriptive assertion. Finally, we will attempt to understand how Lyotard positions philosophy, in his establishing an intimacy between ethical passivity and the receptivity of probity, towards an intricacy of the prescription and the honor of philosophizing, an intricacy that is not without political consequences. (shrink)
Le philosophe mit le pied sur la première marche du futurotron. C'était la première fois qu'il utilisait cet appareil pour ses recherches. Bien qu'il vienne seulement d'être mis au point et qu'il ne soit encore qu'à l'état de prototype, ce futurotron pouvait décidément rendre de grands services. De nombreux chercheurs de différentes disciplines l'avaient d'ailleurs déjà utilisé de manière très fructueuse. Le philosophe prit place aux côtés du pilote sur le siège avant de la machine. - Quel est le principe (...) de fonctionnement de la machine? demanda-t-il. - Ce serait un peu long à vous expliquer. C'est basé sur la mécanique quantique. Le pilote demanda, pressé: - Quelle époque avez-vous choisie? - Je souhaite effectuer une investigation en l'an 2150. Le pilote plaça le sélecteur sur l'année 2150. - Bien. Nous allons commencer. Etes-vous prêt? - Oui. Le futurotron se mit à ronronner. Un flash lumineux intense s'ensuivit. Au bout de quelques minutes, une image floue apparut sur l'écran géant du prototype. Peu à peu, l'image devint plus nette, et puis finalement parfaitement précise. Le philosophe se mit à observer l'écran avec une extrême acuité. Il distinguait nettement des êtres, d'apparence humaine, qui étaient assis dans ce qui semblait être une salle de conférences. En les regardant attentivement, il constata que ceux-ci présentaient les caractéristiques de notre espèce actuelle. Leur physionomie était humaine, mais pourtant il y avait chez eux quelque chose de différent... Dans ce qui paraissait être une projection publique, le philosophe distinguait nettement un faisceau lumineux et coloré qui provenait du front de l'un des êtres placé au centre de la salle, et s'élargissait pour former ce qui constituait l'image projetée d'une véritable scène tridimensionnelle. Les autres individus, assis autour, regardaient attentivement la scène. La projection était d'une netteté parfaite, et d'un réalisme saisissant. On y distinguait nettement deux personnes qui déambulaient en conversant, dans un paysage représentant une plage superbe, battue par les vagues. Le pilote interrompit soudain: - Voilà, c'est fini.. (shrink)
L'acüon educative repose sur un double fondement: d'une part, la nature et la vocation de l'etre humain, et d'autre part, la societe humaine ä bätir. L'homme a des traits specifiques qui exigent et en meme temps permettent son education: il est imparfait, inacheve (il ne sait pas tout, il ne se comporte pas for cement bien), il faut done l'amener ä s'ameliorer; il est perfectible e'est-a-dire qu'il peut devenir meilleur; il a la volonte de se depasser, de tendre vers l'ideal, (...) ideal qu'il n'atteint, bien sür, jamais; il est capable materiellement, intellectuellement (grace ä sa formation, ä son experience) d'agir sur autrui, de le mener vers cet ideal; enfln, il est conscient de devoir le faire, car l'homme ne peut et ne doit etre eduque que par l'homme. Et, second justificatif de Taction educative: la societe des hommes et les rapports devant exister entre eux. L'homme, par essence, Vit et est fait pour vivre en collectivite. Celle-ci doit etre harmonieuse, bien organisee, de preference sous forme d'Etat, pour le bonheur de tous les membres, lesquels doivent etre ä meme de concourir ä l'edification d'une societe egalitaire, toutes choses qui necessitent Taction educative. (shrink)
Habermas s’en prend ici à la thèse conservatrice de la continuité de la «nation» allemande par une critique du concept même d’État-nation. Contribuant au débat des historiens, il expose les limites de l’État-nation dans le contexte de la globalisation. En effet, l’importance de 1989 repose sur l’idée de restauration de la nation allemande telle qu’elle se présentait à partir de l’empire guillaumien. Or,l’État national ne serait plus à la hauteur du défi qu’impose la globalisation des interactions sociales, politiques, culturelles et (...) systémiques. Il lui faut, de l’avis de Habermas, se départir d’un reliquat d’ethnicité et de nationalisme pour épouser pleinement la dimension républicaine qui, elle, n’admet que le processus démocratique de délibération publique pour l’intégration sociale des individus. L’Union européenne, dans la mesure oú elle restreint la souveraineté des nations qui la composent, permet justement d’accorder plus d’importance à l’héritage républicain au détriment du nationalisme allemand.In this article, Habermas challenges the conservative thesis of the continuity of the German “nation” through a critique of the very concept of Nation-State. Further pursuing the historian debate, he exposes the limits of the Nation-State in the context of globalization. Indeed, the importance of1989 lies in the idea of the restoration of the German nation as it exists since the Wilhelmine empire. Habermas suggests that the national State would no longer be up to the challenge imposed by globalization of social, political, cultural and systemic interactions. It must do away with a remainder of ethnicity and nationalism if it is to embrace fully the republican dimension, which only admits democratic process of public deliberation for the social integration of individuals. The European Union, insomuch as it restricts the sovereignty of its members, allows precisely to put more importance on the republican heritage than on German nationalism. (shrink)
L’article relève les occurrences du terme « aliénation » dans l’analyse hégélienne de la modernité propre à la Phénoménologie de l’esprit. Il analyse la signification du réseau terminologique et sémantique ainsi constitué au regard de la thématique ultérieure (par exemple marxienne) de la critique de la modernité.
Le problème de l’identité personnelle est une préoccupation essentielle des philosophes modernes depuis que la conscience est mise en scène philosophiquement. Cependant parmi eux il n’y en a pas beaucoup qui considèrent la mémoire comme le fondement de l’identité humaine, bien qu’aujourd’hui, et grâce aux neurosciences, on sache pourtant qu’elle joue un rôle capital. D’une manière générale, les empiristes s’y intéressent davantage que les rationnalistes. Ceux‐ci ayant comme idéal normatif les systèmes mathématiques ne pensent pas qu’elle puisse contribuer à élargir (...) nos connaissances du monde. C’est ce qui explique que le système des idées claires et distinctes chez Descartes, s’établit directement par la conscience présente. De son côté, l’empiriste sceptique Hume, bien qu’il ait souligné l’importance de la mémoire dans notre personnalité, n’a pas pu mettre en pleine lumière sa nature et son fonctionnement. L’esprit considéré comme l’ensemble des perceptions et des idées est loin de constituer l’identité de l’homme normal. On voit dans les théoriesbergsoniennes de la durée et de la mémoire une toute autre perspective qui fonde l’identité personnelle sur l’équilibre mental de la conscience présente et de l’inconscient, c’est‐à‐dire du moi superficiel et du moi profond. (shrink)