Face à certaines expériences humaines, la morale se tient tranquille. Du moins le souhaiterait-on. Dans la guerre, la pensée est engagée, ou la pensée engage – c’est selon. Selon qu’on y participe – qu’on soit combattant – ou qu’on lutte contre l’occupation – qu’on soit résistant. Dire que la pensée s’engage tandis que la morale se tient tranquille pourrait paraître contradictoire : qu’est-ce qu’une pensée engagée, sinon une pensée qui relève aussi d’une morale ? Et en l’occurrence ici, une morale (...) de l’action ? Politique est la forme que doit prendre la pensée qui s’oriente vers l’action, et qui tente de porter les raisons collectives de l’engagement. Elle donne à la morale une réponse en forme d’évidence, parce qu’elle comporte un risque – celui de vouloir qu’une politique réponde encore, et plus que jamais, à la violence de l’aliénation, de l’oppression. Quelle serait inversement une expérience qui porterait la morale à haute intensité tandis qu’elle se refuserait à l’action ? Quelle (...). (shrink)