Transcendance divine et paradoxe de la foi chrétienne

Recherches de Science Religieuse 96 (2):255-274 (2008)
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Abstract

Dans sa polémique contre Marcion, Tertullien définit à maintes reprises Dieu comme « la grandeur suprême ». Pour Tertullien, cette définition qui exprime la transcendance divine est celle que reconnaît « la conscience universelle », celle sur laquelle tous s'accordent. Le débat entre Tertullien et Marcion porte donc sur ce qui convient ou non à « la grandeur suprême » qu'est Dieu. Doit-on la penser, à la manière de Marcion, comme une transcendance telle qu'on ne peut la connaître et qui exclut par principe tout contact réel avec le monde, a fortiori avec la chair ? Doit-on au contraire affirmer, avec Tertullien, que « c'est lorsque Dieu est tout petit au regard de l'homme qu'il est, au plus haut degré, grand. » Dans sa polémique contre Marcion, Tertullien fait appel à la raison : il dé¬nonce l'irrationalité du Dieu de Marcion. Pourtant, pour justifier l'incarnation, il n'hésite pas à utiliser à plusieurs reprises le paradoxe Pour dépasser ce qui paraît de prime abord contradictoire, il faudra s'interroger sur le statut du paradoxe, sur son rapport à la raison, mais aussi à la foi.In his polemic against Marcion, Tertullian frequently defines God as “the supreme greatness”. For Tertullian, this definition, which expresses divine transcendence, is the one that “the universal conscience” recognizes, the definition everyone agrees upon. Hence, the debate between Tertullian and Marcion is about what it is properly or not related to the “supreme greatness” that is God. Should this be thought of, as for Marcion, as a trancendence one cannot know and that excludes in principle all real contact with the world, a fortiori with the flesh? Or, on the contrary, must one say, with Tertullian, that it is “when God is quite small in the eyes of man that He is, in the highest degree, great”? In his polemic against Marcion, Tertullian appeals to reason: he denounces the irrationality of the God of Marcion. However, in order to justify the incarnation, Tertullian does not hesitate to use paradox several times. In order to surmount what may at first appear contradictory, we must question the status of paradox, its relation to reason and also to faith

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