Tijdschrift Voor Filosofie 26 (3):457 - 500 (1964)

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Le présent article veut donner un exposé critique des rapports entre l'homme et l'Infini, tels que les conçoit M. E. Levinas dans son livre Totalité et Infini. Dans une première section l'auteur de l'article discute les idées de création et de créature. D'après M. Levinas la création ne doit pas se concevoir comme un mouvement dans lequel les êtres surgissent du sein de l'Éternel comme d'une matrice commune. L'idée de création ne se confond pas avec celle de causalité. Une création qui serait causalité ôterait à la créature sa séparation radicale, son indépendance, sa liberté. Cette séparation radicale, que l'auteur se plaît à désigner comme l'athéisme de l'homme, est une condition nécessaire de la vraie religion, laquelle est une société (une relation sociale) de l'homme avec l'Autre infini. Ensuite il est démontré que la relation de créature à Créateur ne saurait être une relation de participation ; l'homme se maintient tout seul dans l'existence sans participer à l'Etre dont il est séparé ; ce n'est qu'à cette condition qu'il peut se rapporter à l'Absolu en athée, en être libre. La rupture de la participation est absolument requise pour rendre possible la véritable relation sociale de l'homme avec son Créateur. Du reste, l'idée de participation conduirait fatalement à l'idée d'un Dieu numineux qui nous prend dans ses filets invisibles, et auquel l'homme ne peut se rapporter que par des mouvements intérieurs et par des gestes mystiques et irrationnels, qui ne constituent qu'une forme inférieure et primitive de la religion. Au fond, d'après M. Levinas, la création se ramène à une sorte d'élection : le Transcendant, dans sa pauvreté et sa misère, se révèle à l'homme individuel en faisant appel à lui, en invoquant sa bonté. Par cet appel, II le crée comme être responsable et moral. L'homme comme être responsable et moral a donc son origine en dehors et au dessus de lui-même, il a une origine au delà de son origine, au delà de sa liberté. C'est là son statut de créature. La deuxième section envisage l'Infini, tel qu'il est conçu par M. Levinas. Il rejette l'Infini des philosophes qui soulignent l'antique privilège de l'unité (Parménide, Plotin, Spinoza, Hegel), parce que cet Infini ne tolère pas des êtres en dehors de Lui, qu'il n'englobe pas. Il introduit la notion paradoxale d'un Infini en quelque sorte limité, qui laisse place à des êtres séparés de Lui. Cet Infini limité n'est pas une diminution, une chute de l'Infini, mais marque un surplus par rapport à l'Etre plein et immuable de l'ontologie traditionnelle, étant donné qu'entre cet Infini limité et l'homme, il y a possibilité pour des relations meilleures (les relations de société) qui se fraient un chemin en dehors et au dessus de l'être. Cette relation de société est la structure ultime de l'être, la réalité vraiment suprême. Ni l'homme comme être responsable et moral (comme vraiment homme), ni l'Infini comme vraiment infini ne peuvent exister que comme termes de cette relation. L'humanité de l'homme et l'infinitude de l'Infini se produisent dans cette relation. Dans la dernière section, l'auteur de l'article examine la question de savoir si l'Autre infini de M. Levinas est autrui, qui, dans sa détresse se tourne vers moi, cet autrui sans plus, ou bien s'il peut être conçu comme autrui, dans le visage duquel nous apparaît Dieu. L'auteur se demande si chez M. Levinas, il y a assez de distance entre autrui et Dieu. Pour trouver une solution à cette question, il étudie la manière dont M. Levinas interprète le jugement de Dieu. La réponse à la question posée reste pourtant indécise, faute de textes clairs et décisifs
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