Tijdschrift Voor Filosofie 24 (3):427 - 506 (1962)

Abstract
La thèse de la différence ontologique constitue une affirmation fondamentale en thomisme et dans la philosophie de Heidegger. Celle de la vérité de l'être semble en outre caractériser chacune des deux philosophies. On pourrait conclure à partir de cette constatation à une ressemblance frappante entre la pensée thomiste et celle de Heidegger. En est-il bien ainsi ? La présente étude est consacrée à l'élucidation de ce problème. Elle veut contribuer modestement à la comparaison des deux conceptions de l'être par l'examen des catégories „res" et „ding", qui figurent respectivement au coeur de la pensée thomiste et de la pensée heideggerienne. Dans la première partie le sens et la portée de la catégorie „res” forment l'objet de l'examen. Comme „res” compte parmi les „premiers intelligibles”, la nature et le contenu de ceux-ci sont brièvement analysés. Ensuite l'examen porte sur la catégorie „res” elle-même. Deux thèses sont développées : celle de l'identité matérielle entre les catégories „ens” et „res” ; celle de la différence entre les catégories „ens-res” et „esse”. La portée de la première thèse par rapport au problème de la vérité de l'être est longuement mise en lumière ainsi que ses origines historiques dans l'intellectualisme des philosophes grecs, Platon et surtout Aristote ; l'attention est attirée sur l'événement capital de la doctrine de l'être dans la pensée occidentale, l'identification de l'être et de l'Idée ou de l'essence. Dans l'exposé de la seconde thèse (celle de la différence entre „ens-res” et „esse”) l'attention est attirée sur une dimension capitale de la „res”, c.à.d. son rapport à l'esse”. Dans ce contexte le sens de deux affirmations entièrement propres à St Thomas est souligné, à savoir celui de l'affirmation de l'„esse” comme acte de l'essence et celui de l'affirmation de l'„esse” comme acte de tous les actes. La portée de la seconde thèse par rapport au problème de la différence ontologique et à celui de la vérité de l'être est vivement mise en lumière. , La seconde partie est consacrée à l'examen de la catégorie „Ding”. Le „Ding” heideggerien — qui est au fond l'instrument ou l'objet d'usage — est décrit d'après deux textes célèbres du philosophe allemand, celui qui fut consacré au tableau de Van Gogh, représentant les souliers de la paysanne, et celui de l'étude „Das Ding”. L'accent est mis sur la conception que le philosophe allemand se fait de l'être de la chose, que les penseurs antérieurs, surtout à partir de Platon, n'ont, d'après lui, pas explicité ni même mentionné. La portée de trois notions qui ont une importance considérable dans la détermination de l'être de la chose, est soulignée, à savoir la catégorie de „Monde”, la catégorie „rassembler”, et, dans une moindre mesure, la catégorie de „Terre”. Ensuite l'exposé traite de la critique que fait Heidegger de la conception traditionelle de l'être de la chose et de l'être de l'étant en général. La connaissance de cette critique est absolument nécessaire — semble-t-il — à qui veut comprendre la doctrine de l'être de la chose telle que Heidegger l'entend. La différence que met le philosophe entre l'être de la chose d'une part et, d'autre part, son essence (eidos), sa forme, sa sub-stantialité, est particulièrement mise en évidence. En outre l'attention est attirée sur la parenté que voit Heidegger entre la conception de l'être comme Idée (eidos) chez Platon et la conception de l'être comme „Vorhandenheit” (traditionnelle dans la philosophie occidentale), dont Sein und Zeit voit le prototype dans la notion cartésienne de substantialité. Les deux points culminants de la critique heideggerienne de la doctrine de l'être traditionnelle sont mentionnés : 1. reproche de „démondanéisation” de l'être ; 2. reproche d'un intellectualisme trop poussé dans la conception de l'étant. Tout cela nous amène à nous étendre sur la conception de l'être comme Monde telle qu'elle se présente chez Heidegger. Si le monde n'est pas le tout de l'être, il en consti-tue, à n'en pas douter, une, si non la dimension essentielle. L'exposé est amorcé par des indications relevées dans Sein und Zeit. Ensuite il traite de textes explicites et essentiels de Holzwege. Le Monde y est qualifié comme „plus être” (seiender) que l'étant (das Greifbare und Vernehmbare). La saisie exacte de l'opposition Monde-étant (Greifbare und Vernehmbare) s'avère indispensable pour la compréhension de la différence ontologique. Finalement la portée de la notion de „Terre” est déterminée avec netteté dans la perspective de la conception de l'être comme Monde. Les analyses antérieures permettent de mettre en lumière la notion heideggerienne de la vérité de l'être. La différence ontologique (Monde-étant) commande l'importante distinction dans la notion de vérité métaphysique entre la vérité ontologique et la vérité ontique. L'être de la chose et, d'un point de vue plus enveloppant, le Monde constituent la vérité ontologique ; l'étant constitue la vérité ontique, qui se situe proprement dans l'essence (eidos). La dernière partie de l'exposé traite de la catégorie de non-vérité, essentielle pour la conception heideggerienne tant de l'être que de la vérité et séparant celles-ci pour toujours de tout intellectualisme intégral, fût-il mitigé comme celui du thomisme. Les divers aspects de la non-vérité métaphysique sont expliqués, à savoir l'apparence (Schein), le voilement qui caractérise la Terre (die Unwahrheit als Versagen), le voilement fondamental que l'être lui-même exerce (Das Ansichhalten des Seins). Dans la troisième partie de la présente étude une confrontation explicite est esquissée entre les deux philosophies concernant les thèses de la différence ontologique et de la vérité de l'être. Elle se fait à partir de l'opposition de base entre les catégories thomistes „res(ens)-esse” et les catégories heideggeriennes „essence(eidos)-Monde”. Une série de divergences dans la conception de la différence ontologique entre les deux philosophies sont énumérées : d'une part le rapport substance-acte d'être, d'autre part le rapport étant intramondain-Monde ; d'une part la théorie de la participation de la substance à l'être, d'autre part l'idée de la parenté et du combat entre l'être et l'étant ; d'une part le caractère absolu de l'être, d'autre part la finitude de l'être ; d'une part la conception réaliste de l'être, d'autre part la conception phénoménologique de l'être. Quant à la conception de la vérité dans les deux philosophies, certaines ressemblances sont soulignées. Mais l'attention est attirée sur les divergences considérables. L'au-delà de l'essence qu'on y retrouve est situé d'une part dans la valeur ou l'acte d'être, d'autre part dans le Monde en tant que distinct de l'étant. En outre l'idée de la non-vérité métaphysique est entièrement absente de la pensée thomiste, tandis quelle constitue un élément fondamental de la pensée heideggerienne de la vérité et de l'être
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