Tijdschrift Voor Filosofie 26 (2):186 - 253 (1964)

Abstract
Dans la présente étude nous nous proposons d'esquisser la genèse du thème à partir des conceptions aristotéliciennes et néoplatoniciennes du bien ontologique jusqu'à l'élaboration que saint Thomas lui a donnée. Nous voulons ensuite délimiter sa portée philosophique telle qu'elle se dégage de son histoire. Dans la première partie il est traité de la conception du bien ontologique chez Aristote, Plotin, Avicenne, Philippe le Chancelier, Albert le Grand et saint Thomas. Nous tâchons de montrer que l'histoire du thème consiste essentiellement en une rencontre de deux conceptions différentes du bien ontologique, celle d'Aristote et celle du néoplatonisme, qui trouvent une synthèse dans la philosophie de saint Thomas en passant par Avicenne, Philippe le Chancelier et Albert le Grand. Chez Aristote le bien se définit comme suit : „bonum est id quod omnia appetunt”, la notion de cause finale y est essentielle pour la conception du bien, on n'y trouve guère le thème „ens et bonum convertuntur”. Dans la tradition néoplatonicienne le bien peut se définir comme „indivisio actus a potentia”, la notion de cause finale n'y est pas essentielle pour la conception du bien ontologique, on y trouve le thème „ens et bonum convertuntur”. La synthèse de saint Thomas se caractérise par les thèses que voici : 1. La définition du bien ontologique est celle d'Aristote, „bonum est id quod omnia appetunt” ; 2. par conséquent la notion de cause finale est constitutive de celle du bien ontologique ; 3. contrairement à l'inspiration aristotélicienne, saint Thomas admet la thèse „ens et bonum convertuntur”. Toute la problématique de la genèse du thème se résume en cette question : comment peut-on reprendre la définition et la conception aristotéliciennes du bien ontologique et affirmer en même temps la thèse „ens et bonum convertuntur”, d'origine nettement néoplatonicienne ? L'exposé de cette étude tâche de montrer dans le détail la lente et longue élaboration de la synthèse. Ajoutons que le dynamisme de l'évolution du thème est provoqué par une certaine opposition entre la conception aristotélicienne du bien ontologique et celle du néoplatonisme, comme il appert du bref aperçu que nous venons de donner. D'après la première le bien est l'accomplissement de l'étant, le „bien-être” (eu einai), qui est le terme des tendances ; d'après la seconde il est l'être lui-même, antérieur à toute activité et à toute tendance. Dans la seconde partie l'attention est attirée sur la signification métaphysique de la doctrine du bien ontologique. Il s'avère que la doctrine aristotélicienne aussi bien que celle du néoplatonisme et en outre celle de saint Thomas, sont dominées par un intellectualisme métaphysique. La conception du bien ontologique comme terme de la tendance universelle des étants à la perfection, ne peut se fonder que sut une doctrine de l'être comme essence, comme intelligiblité. De même la conception néoplatonicienne du bien comme perfection ontologique, ne peut se fonder que sur une doctrine de l'être comme essence, participation finie à l'Essence divine. Chez saint Thomas aussi l'idée du bien ontologique est fondée sur la conception de l'étant comme essence, qui, elle, doit être considérée comme réalisation finie de l'acte d'être, terme ultime de la tendance à la perfection et jouissant d'une intelligibilité supra-conceptuelle. Afin de délimiter davantage la portée de la notion thomiste du bien ontologique, nous comparons celle-ci à une conception plus intellectualiste encore de ce bien ontologique, qu'on trouve dans un certain néothomisme, celui du père Maréchal et de son école. Cette dernière conception doit être comprise à partir d'une métaphysique de la subjectivité dans la ligne de l'idéalisme transcendental. Le bien ontologique y est défini uniquement en fonction du sujet humain, tandis que chez saint Thomas il est défini par rapport au dynamisme naturel, inhérent à tout étant, minéral, végétal, animal ou humain. Finalement l'attention est attirée sur la différence entre la conception thomiste et certaines tendances anti-intellectualistes de la philosophie contemporaine, où la réalité du bien ontologique transcendental est niée (Sartre) ou en partie contestée (Heidegger). Dans la conclusion la présente étude est qualifiée de préliminaire à une reprise théorique du problème du bien ontologique et quelques résultats sont indiqués dont cette reprise théorique devra tenir compte
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